A quoi servent les colonies de vacances ? 

Jean-Marie Bataille

Collection "Proles de pros" dirigée par Jean-Marie Bataille

Donner la parole aux professionnel·le·s. Rendre disponible les savoirs qu’ils et elles produisent. Un enjeu éditorial, de société et pour le travail social. Visibiliser l’intelligence du travail social et les écrits des professionnels, un combat assumé.

 

 

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12 €

 

 

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Qui veut la peau des colonies de vacances ? En 2018, la directive européenne Travel, en transformant les colos en activité de tourisme, a failli leur mettre un coup fatal. Si une partie des colos pourra continuer son activité, d’autres n’en sortiront pas indemnes. Et pourtant, ces colos font partie de notre imaginaire collectif : ces étés où l’on prenait le train pour d’autres horizons, ces larmes versées sur le quai de la gare alors qu’on lâchait la main de nos parents, ou de nos enfants que nous laissions partir seuls pour la première fois, à la fois émus et fiers de les voir prendre leur autonomie. Les colos charrient leur lot de souvenirs, d’émotions et de rencontres inoubliables. Elles sont un bien commun qui dépasse les barrières de classes, de genre ou de handicap, même si chaque groupe y participe souvent séparé des autres. Tout ça aurait donc pu disparaître ? S’appuyant sur un rapport remis en 2016 au Ministère de la Jeunesse et des Sports, et sur de nombreuses recherches et observations issues du terrain, Jean-Marie Bataille nous propose de situer dans leur histoire le processus de marchandisation qu’elles subissent de plein fouet, mais aussi de découvrir comment elles renaissent aujourd’hui à travers les nouvelles urgences de la société contemporaine : crise de la citoyenneté, de la solidarité, crise climatique et environnementale. Faire société en prenant appui sur les colos, c’est ce que préconisent entre autres la fondation Jean Jaurès et le rapport Borloo sur la politique de la ville. La mixité sociale et de genre, l’éducation à l’environnement, la lutte contre les violences sexuelles et le racisme ne sont pas des choix optionnels mais une nécessité, une urgence. Ce petit livre nourri à la fois de travaux scientifiques et de témoignages ouvre des pistes prometteuses, parfois surprenantes, pour l’avenir des colos.

 

Vous pouvez le commander ici ou auprès de votre librairie préférée. 

 

La photo de couverture est de Sandrine Mulas. Elle a été prise à la Maison de Courcelles

 

102 pages

Jean-Michel Blanquer Ministre de l'Éducation Nationale

Vous avez eu l'amabilité de m'adresser votre livre À quoi servent les colonies de vacances ? Pour des séjours citoyens, écologiques et solidaires. Je vous en remercie vivement pour cet envoi dont j'ai pris connaissance avec le plus grand intérêt. Je me réjouis de découvrir votre travail sur les colonies de vacances et vous adresse toutes mes félicitations pour sa publication. Elle est en effet précieuse pour le travail que nous engageons pour rendre plus attractives les colonies de vacances

 

 

Qui veut la peau des colonies de vacances ?

Yves Raibaud, géographe, Université Bordeaux Montaigne, Passages CNRS

 

La réponse est dans ce petit ouvrage serré, palpitant, qui se lit le temps d’un voyage en train, par exemple dans celui des vacances. Alors que l’utilité sociale des camps et colos n’est plus à prouver – ce que montre un rapport remis en 2016 au Ministère de la Jeunesse et des Sports qui a connu un grand retentissement1- la machine à détruire se manifeste un peu plus chaque jour. Au niveau européen, la directive Travel tente d’imposer aux camps et colos les mêmes normes financières que les grands opérateurs de tourisme. Localement, les collectivités continuent de brader leurs colos de montagne ou de bord de mer en faisant de confortables plus-values financières, comme c’est le cas du département du Tarn et Garonne pas plus tard que la semaine dernière avec sa colo de Mimizan. 

 

Et pourtant, quelle histoire ces colos ! Que de souvenirs, d’émotions de récits partagés par des millions de personnes de tous les âges, en France et partout dans le monde ! Que de valeurs et d’engagement chez ces militant.e.s d’éducation populaire qui ont inventé au XXème siècle les vacances pour tous les enfants, en particulier les plus pauvres et les plus déshérités ! C’est cette histoire que nous raconte en préambule Jean-Marie Bataille d’une façon à la fois plaisante à lire et fort bien documentée, avant de nous alerter sur la lente marchandisation du secteur des colonies de vacances jusqu’à leur disparition probable, si rien n’est fait, dans la prochaine décennie. 

 

Mais au fait, que font les camps et colos ? Les premières, créées à la fin du XIXème siècle, prenaient soin des enfants pauvres ou malades en les emmenant au grand air : bonne nourriture, activité sportive, soleil, montagne ou mer. Ensuite on s’est vite aperçu de leur intérêt éducatif, hors l’école et en complément des apprentissages scolaires : coopérer, mieux se connaître, s’ouvrir au monde par des activités de nature ou des pratiques artistiques, apprendre l’initiative, l’organisation collective. Alors que de nouveaux enjeux semblent ébranler aujourd’hui notre société et la planète, le monde des colos est une ressource extraordinaire dont peu de responsables politiques semblent avoir conscience. La mixité sociale, la citoyenneté, la lutte contre l’intolérance ? La crise climatique, les enjeux environnementaux, la protection de la nature ? L’égalité entre les filles et les garçons, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, contre le racisme, l’homophobie? Pas besoin d’être devin ou diplômé de sciences politiques pour comprendre l’intérêt que peuvent représenter ces centaines de petits dispositifs dispersés sur tout le territoire pour refonder un pacte social en perte de vitesse. Encore faudrait-il faire un tri préalable : les colos à 1000 ou 2000 euros la semaine, séjour linguistique ou activités distinctives, qui rendent certains enfants encore plus performants après les vacances qu’ils n’étaient déjà avant dans des écoles bien dotées, ne font pas partie du pacte républicain. A elles la directive Travel et l’économie de marché. Aux autres, celles qui réfléchissent à des pédagogies adaptées et oeuvrent pour faire partir en vacances les 3 millions d’enfants qui restent tout l’été chez eux, les subventions de l’État, des communes, les ressources parafiscales. D’autant que ces vacances là, tout le monde peut en profiter, riches comme pauvres pour en tirer de belles expériences et faire de belles rencontres. Encore un des enseignements de ce petit livre qui nous permet d’y voir clair et de ne pas confondre les intentions de grands acteurs du tourisme, même issus du monde associatif, et celles des bénévoles et militant.e.s qui croient encore aux vacances comme un lieu ou construire un monde meilleur, ce qu’elles ont pu être lorsque le monde se relevaient de cinq ans de guerre et de barbarie.

 

S’indigner, s’émouvoir, se documenter et rester persuadés qu’une autre voie que le tourisme de consommation est possible grâce à ces centaines d’associations et petites entreprises qui tentent d’inventer de nouvelles vacances, plus belles et pas trop chères, c’est ce que nous propose d’imaginer Jean Marie Bataille. Il le fait avec une rigueur scientifique, en appuyant sa démonstration sur les recherches les plus récentes et une bibliographie exhaustive, ce qui devrait faire de ce livre une référence pour les professionnel.le.s du travail social et de l’animation, ainsi que pour les étudiant.e.s qui travaillent sur ce sujet (et qui apprécieront le prix modique de 12 € !). 

 

1Bacou M., Bataille J.-M., Besse-Patin B., Bocquet J.-M., Carton E., Claude V., Dheilly C., Kérivel A., Raibaud Y., 2016. Des séparations aux rencontres en camps et colos. Rapport d’évaluation du dispositif #GénérationCampColo, Les Éditions Le social en fabrique, avril 2016.

Articles de presse

29 juillet 2018. Un article dans le groupe ERBA (Les dernières nouvelles d'Alsace : DNA, Le dauphiné Libéré… ) sur le rôle des colos.

9 juillet 2018. Un article dans Libé qui aborde la question des colos et qui fait intervenir l'auteur. 

6 juillet 2018. Un article dans le Journal de la Haute-Marne qui fait une présentation du livre (voir en bas de page les fichiers joints). 

Présentation de l'auteur

Jean-Marie Bataille a écrit plusieurs ouvrages sur les colonies de vacances : en collectif, Enfants à la colo, Courcelles une pédagogie de la liberté (2007) ; avec Audrey Levitre, Architecture et éducation : les colonies de vacances (2010) ; en collectif, Les jeunes et les associations, Courcelles une pédagogie de l'engagement (2015). Il a dirigé l'équipe qui a écrit le rapport sur le dispositif #GénérationCampColo : Des séparations aux rencontres en camps et colos (2016). On peut l'entendre sur France Culture parler des colos ici (Aout 2017). 

Sur le même sujet au ©Social en fabrique

Fermeture des colonies de vacances, le risque ou le care, Yves Raibaud. 

 

Des séparations aux rencontres en camps et colos, Magalie Bacou, Jean-Marie Bataille, Baptiste Besse-Patin, Jean-Michel Bocquet, Éric Carton, Véronique Claude, Cyril Dheilly, Aude Kérivel, Yves Raibaud

 

La prise de responsabilités des jeunes et les association. Courcelles, une pédagogie de l’engagement, Jean-Marie Bataille, Ameline Baudoin, Baptiste Besse-Patin, Véronique Claude, Maël Hanique, Louis Létoré, Valérie Olivier

 

La bibliographie des accueils collectifs de mineurs.

 

 

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