Existe-t-il une recherche EN animation socioculturelle ?

État des lieux et définition du champ de recherche.

 

 

 

 

 

 

 

 

Mots-clés : Animation socioculturelle, recherche, pédagogie, conférence de consensus, sciences du travail social, doctorat de pédagogie, doctorat d'animation, doctorat d'animateurs socioculturels.

 

Introduction

La question de départ de cet article est : existe-t-il une recherche En travail social ? Question proposé pour la conférence de consensus organisée par le CNAM. Je la reformulerai cette interrogation pour l'animation socioculturelle dans lequel j'interviens et suis plus légitime pour répondre. La littérature sur la recherche à propos de l'animation socioculturelle signale les difficultés penser les liens entre les pratiques et la production de savoirs, au regard des canons habituels des normes des disciplines académiques (Chosson, 1970 ; Poujol, 1972 ; Besnard 1972, 1978 ; Mialaret, 1978 ; Précas, 1984 ; Augustin & Gillet, 1997, 2000).

Cette question doit être déclinée pour être travaillée car s'il existe une recherche spécifique à l'animation socioculturelle, dire qu'il en existerait une EN animation socioculturelle, c'est aller plus loin dans l'analyse. Dans un premier temps, je commencerai par faire l'analyse de la recherche à propos de cette activité, sans présumer de l'existence ou non d'approches différentes de l'objet. Ceci me permettra de repérer un certains nombres d'enjeux à prendre en compte (§ 1). À partir de ce premier point, je regarderai ce qu'il en est des pratiques de recherche à l'heure actuelle (§ 2). Enfin, la question pourra être abordée (§ 3) en tenant compte du contexte mis en lumière dans les deux chapitres précédents. 

J'organiserai mon propos, qui sera descriptif, en m'appuyant d'une part, sur l'analyse des thèses produites au sein du champ de l'animation socioculturelle[1], d'autre part, en m'appuyant sur mon expérience, dans l'animation socioculturelle, fondée par la multiplicité des positions que j'y ai occupé : formateurs, animateur social, socioculturel, directeur de service enfance puis jeunesse, chargé d'études nationales et internationales, consultant pour les politiques publiques de l'animation socioculturelle, organisateur de séminaire pour les personnels du Ministère de la Jeunesse & des Sports, auteur d'ouvrages et d'articles scientifiques, et enfin, chargé d'enseignement dans plusieurs universités au sein de formation destinées à des travailleurs sociaux et plus particulièrement à des animateurs socioculturels.

1. La recherche À PROPOS de l'animation socioculturelle : quelle recherche et comment ?

Pour comprendre les enjeux de la recherche EN animation socioculturelle, il est nécessaire de donner un aperçu des contours de ce champ car, dans ce chemin, se trouve, en germe, posé les questions fondamentales quant à la possibilité d'une recherche et à l'élaboration de doctorats, spécifiques. Aussi, en analysant la production de la recherche à propos de l'animation socioculturelle, j'essaierai de désigner ce qui fait le cœur de ce champ de pratiques. La présence de cette complexité, l'absence d'une délimitation du champ parfaitement accepté par la communauté des chercheurs du champ, rend difficile la réflexion actuelle sur la création de doctorat qui participerait à la production d'une recherche EN animation socioculturelle. On trouve souvent dans la littérature sur l'animation un préalable historique, forme obligée de délimitation, in fine, de l'objet, à défaut de le construire autrement. Ici, le procédé sera différent puisque je partirai d'un corpus fini, les thèses présentes sous forme de notice dans la base SUDOC, dans lequel je puiserai  des notices selon une recherche sur critères. La logique de construction des « mots-clés » suit plusieurs chemins : d'abord, j'ai commencé par prendre appuis sur les thèses produites par des auteurs que je connais, ainsi que leurs travaux. Ceci m'a donné une première série de mots qui ont été entrés dans le moteur de recherche. Ensuite, j'ai découvert de nouveaux mots-clés au sein des premières notices identifiées que j'ai alors testés. Il m'a fallut sortir des mots-clés habituels comme « animation » et « animateur » pour arriver à atteindre certains travaux. Je n'ai pas pris en compte les thèses résultats des mots-clés « travail social » (1095 en mot-sujet et 212 en mot-du-titre) et « travailleurs sociaux » (185 en mot-sujet et 31 en mot-du-titre) car elles demanderaient un travail en soi.

 

Je dois préciser la constitution de mon corpus en précisant quels sont les mots clés que j'ai choisit et comment : je suis partie des thèses que je connaissais avec certitude ; j'ai regardé quels mots-clés étaient présents à ces thèses (dans leur notice) ; ensuite, j'ai cherché des modalités d'extension de mes recherches en partant de mots-clés qui permettaient d'accéder à de nouvelles thèses (le directeur de thèse a été exploré par exemple) ; ensuite, je suis allé voir caque notice en faisant le choix de retenir la thèse si le titre ou le résumé me donnait suffisamment d'informations pour retenir la thèse en question.  Les notices de thèses que je n'ai pas analysés le seront au cours de l'été 2013 afin de compléter mon corpus : « travailleurs sociaux » ; « travail social » ; « henri desroche » ; « chombart de lauwe » ; « dumazedier » ; « jean-pierre augustin » ; « alain vulbeau » ; « développement » ; « développement… » seront autant de mots-clés à ajouter mais s'ils modfifient la structure du corpus il faudra que je fasse deux corpus ces mots en créant un autre.

1.1 Qu'en est-il de la recherche À PROPOS de l'ASC[2] : une approche par les thèses produites ?

Un premier élément ressort quant au travail de recherche documentaire. Nous ne pouvons pas accéder à l'origine professionnelle de l'auteur de la thèse hormis chez quelques uns qui indiquent ce point dans leur titre ou dans le résumé de la thèse (mais ce dernier n'est pas toujours présent). Il paraît difficile de parler de ce fait de thèses en, sur ou dans l'animation socioculturelle. C'est pour cette raison que je parlerai de thèse « à propos » de l'ASC. Cependant, cela ne veux pas dire que l'analyse des notices n'apporte pas d'éléments intéressants.

1.1.1. Variations de la production de thèses au cours du temps

D'abord, on peut s'intéresser au volume de production de thèses à propos de l'ASC. À partir de cette base, il nous faut distinguer deux périodes : de 1890 à 1965, avec une moyenne très faible de 0,4 thèses par année ; de 1966 à aujourd'hui avec une moyenne de 6,2 thèses par année. Si on s'intéresse à ce deuxième intervalle, on observe que le nombre de thèses par an va de une, en 1969, à 14 en 2004. Pour mieux se rendre compte des variations entre 1966 et 2010, j'ai procédé à un découpage par période de cinq années, et défini la moyenne de production de thèses par année, de cette période de cinq années. À partir des chiffres obtenus, on observe des variations au cours du temps puisqu'on passe d'une moyenne de 1,6 en 1966-1970 à une moyenne de 10,2 en 2006-2010, avec un chiffre moyen entre les deux de 7 thèses par an. Afin de mieux visualiser ces informations, je vais les mettre sous-forme graphique.

 

 

 


Fig. Tableau des valeurs du nombre de thèses produites à propos de l'animation socioculturelle par période de cinq ans et valeur de la moyenne annuelle de thèse sur chacune de ces périodes.

 

Qu'observe-t-on alors ? Des « sous-périodes » se dessinent : une montée en puissance rapide de la production de thèses de 1966 à 1980, la moyenne passe de 1,6 à 7 thèses ; un plateau sur la période 1980-1990 avec une moyenne d'environ 7 thèses par an ; après un tassement au début de la troisième sous-période, une nouvelle progression de 1991-2010. Une remarque sur les dates de production de thèses. Si une thèse est soutenue en 1966, elle a été rédigée dans la période des dix années précédentes, cinq au mieux. Donc, la question mise au travail pour cette thèse remonte proablement au milieu des années 1950. Dit autrement, si on prend ces thèses produites comme source d'information pour saisir l'histoire de l'animation socioculturelle alors il faut poser l'hypothèse d'un décalage de dix années en amont du graphique suivant. Hypothèse qu'il faudrait vérifier en analysant sur quelle périodes ont été recueillies les données sur lesquelles s'appuient des thèses. On peut formuler ici une autre hypothèse sur laquelle nous reviendrons ultérieurement : il existe une hétérogénéité de l'objet « animation socioculturelle » mais aussi probablement un changement de sa nature au cours du temps.

Fig. Graphique représentant ensemble la variation du nombre de thèses à propos de l'animation socioculturelle par période de cinq ans et de la moyenne annuelle de thèse au sein de cette période par années de 1965 à 2010[3].

1.1.2. Disciplines de production des thèses

Ensuite, on peut prendre en compte les disciplines dans lesquelles les auteurs s'inscrivent pour produire leur travail. Il n'y a pas à proprement parlé de domaine privilégié et l'étalement des intitulés est assez conséquent. Voici quelques exemples : « esthétique », « sciences de l'information et de la communication », « aménagement de l'espace » mais aussi « aménagement et urbanisme » qui côtoie, « études urbaines » et « études rurales », « urbanisme » et « géographie ». Il existe un exemplaire unique, pour l'instant, de « développement durable »[4], tout jeune doctorat de l'Université de Troyes. Mais certaines disciplines sont plus fréquentes que les autres[5] (voir tableau suivant).

 

Fig. répartition des thèses selon les disciplines

           

On pourrait penser que les sciences de l'éducation seraient une discipline d'accueil naturelle de l'ASC dans la mesure où un tome du Traité des sciences de pédagogiques, de Mialaret et Debesse (1978), y est consacré, mais c'est la sociologie finalement qui avec 65 thèses soit 20,4% du corpus, prend le dessus (voir la représentation graphique ci-dessous). Autres enseignements, la médecine s'est intéressée à ce champ quasiment au même niveau que les sciences de l'éducation, respectivement 53 et 48 thèses. L'histoire, la géographie, le droit, les sciences politiques et les lettres se retrouvent au même niveau de 25 et 20 thèses, de la première discipline à la dernière. Enfin, les sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS), la psychologie et les sciences de l'information et de la communication avec 7 thèses chacune, précédent les sciences économiques (3), qui ferment le ban avant l'urbanisme (2) et la théologie (2).

Fig. Graphique représentant la répartition des thèses concernant l'ASC sélectionnées dans notre corpus à partir du catalogue SUDOC.


Certaines disciplines sont présentes sous des formes très différentes. Ainsi en médecine, les thèses sont réparties sur deux périodes : de 1903 jusqu'à la fin des années 1950 et concernent alors la médecine en lien avec les pratiques du scoutisme et des colonies de vacances et, à partir du milieu des années 1970, avec comme sujet central « animation et gériatrie ». Les thèses de sciences politiques sont à l'exception de deux (1966, 1975), soutenues à partir des années 1990. Les thèses en sociologie débutent en 1961. Celles des sciences de l'éducation en 1972 cependant que la discipline est créée en 1967. En géographie, on observe deux temps 1969-1989 et 1999-aujourd'hui. Rien n'explique a priori cette coupure de dix ans. Je précise que je n'ai pas gardé dans ce corpus les thèses portant sur le « développement » hormis trois directement rattachées à des dispositifs de la politique de la ville (DSL, DSQ, DSU[6]). Or, dans ce second corpus, il existe de nombreuses thèses en géographie et particulièrement des études rurales. La coupure est encore plus nette en droit, puisque nous avons une première période 1890 (la plus ancienne thèse du corpus sur les « patronage »), à la fin des années 1950 et, ensuite, une période 1977-2004. En fait, il faudrait discriminer plus ce corpus de thèses de droit et faire une première période 1890-1905 puis 1926-1957. La première concerne les « patronages » la deuxième le « scoutisme » et les « colonies de vacances ».

Si on prend les choses par l'entrée « années » pour regarder l'ordre d'apparition des discipline, on peut présenter finalement une évolution historique des champs disciplinaires. De 1890 à 1960, sont présentes : Droit, Médecine et Lettres. À partir de 1961, s'ajoute progressivement les autres disciplines. Derrière l'hétérogénéité, il est peut-être possible de distinguer des critères qui permettent de repérer des logiques de constitution de cette recherche à propos de l'ASC. Pour avancer sur ce point, je vais m'intéresser en premier à deux aspects (les thèmes de recherche ; les universités et les directeurs de thèses), avant d'aller plus avant dans l'analyse, dans le chapitre suivant.

 

1.1.3. Thèmes de recherche

Pour saisir la manière selon laquelle le champ de l'animation socioculturelle est construit, j'ai  procédé à plusieurs modalités d'organisation de mes données. Grâce à ce travail, que je vais expliciter, il est devenu possible de voir certains éléments structurants. Les premiers concernent la qualité des objets de recherche les uns à l'égard des autres ou comment ils s'agencent : c'est l'objet de ce chapitre.

Supposer une logique au sein de l'ensemble des items qui sont, en réalité, autant d'objets de recherche, n'était pas une chose évidente. Ceci est apparu lorsque j'ai eu à répondre à la question suivante : est-ce qu'il existe une chronologie des objets qui permettrait de dire ce qui relève directement de l'ASC et ce qui lui est associé par un lien qu'il faudrait définir. Sachant, par exemple, qu'une partie des travaux portant sur l'éducation populaire sont contemporains et d'autres très anciens, dans quel mesure ce thème fait-il partie de mon corpus et de quelle manière. L'idée m'est alors venue de regarder la date de la première thèse pour chaque item. Ainsi, je pourrais me rendre compte, peut-être, d'un lien entre les uns et les autres. Je partais du principe qu'avant d'apparaître dans une thèse, l'objet n'existe pas pour la recherche à propos de l'ASC et, peut-être, en tant que tel. La production d'une thèse sur un thème ne dit pas que l'objet est présent au même moment : la soutenance est toujours décalées dans le temps après l'émergence d'un objet. Au moment où la thèse est produite, l'objet doit posséder certainement une certaine consistance pour intégrer une thèse.

J'ai été alors surpris de découvrir un ensemble assez cohérent (voir tableau Annexe 1), à quelques exceptions près. Cela a été l'occasion de découvrir de nouvelles choses. Commençons par le début, il existe trois périodes relativement bien tranchées : une première, que j'appellerai « Éducation populaire » allant de 1890 à 1943. Deux éléments correspondaient assez mal à leur placement dans le tableau : le camping et les auberges de jeunesse. Une vérification par l'item « camping » m'a permis de le remettre à sa place. Pour le second, la recherche à « auberge de jeunesse » ne donnant rien, il fallait en conclure que l'objet était à sa place dans cette première période et qu'il n'existe pas de travaux qui lui soient contemporains. Au regard de l'intervalle de temps retenu par Heller-Goldenberg pour parler des origines des auberges de jeunesse (1926-1945), on peut supposer que la guerre a été un obstacle à la production de travaux.

La deuxième période (1966-1988) paraît moins tranchée d'avec la période suivante qui commence en 1994. Ceci n'est qu'une apparence car le dernier objet « assistant sanitaire » est très clairement rattaché au « centres de vacances » qui lui, apparaît en 1983. On a donc une coupure de onze ans avec la période suivante si on prend 1966-1983 comme intervalle. On peut déjà simplement remarquer la profusion d'objets pour cette période. Alors qu'on n'en compte que 7 pour la première, celle-ci en comporte 18 sur un ensemble de 31 (et 6 pour la dernière). La dernière période, quant à elle, commence donc en 1994.

J'avais introduit, dans un premier temps, l'item « développement » mais il apparaissait dès les années 1970 et cela me perturbait. Je l'étais d'ailleurs aussi pour l'apparition de la « participation » dans les mêmes années 1970. Je pensais que ces deux notions seraient apparues en même temps que la politique de la ville. Le « développement » est une notion qui demanderait un travail en soi, cependant, son apparition est avérée dès l'après guerre dans les instances internationales[7]. Mais, c'est probablement autour d'Henri Desroche que se lient les trois termes : Participation/Animation/Développement (Palard, 2005). Nous reviendrons sur son rôle dans une autre partie.

Parmi tous ces objets, seule l'animation socioculturelle semble s'instituer et, à ce titre, peut occuper le rôle d'objet pivot[8]. Cette activité reprend des objets de la période précédente en les renouvelant, en apportant d'autres pistes. Quant à ses liens avec la période suivante, la plupart de ses objets se poursuivent dans celle-ci sans changer de forme à l'exception de la « participation des jeunes » qui se transforme en « conseil de jeunes », l' « animation socio-éducative » qui disparaît dès 1976, comme « animateur » en 1986.

Le deuxième aspect est la présence sur la dernière période d'une série de dispositifs dont on sait la propension à ne durer qu'un temps avant d'être renouvelé sous une autre forme. « La politique de la ville » est elle-même un dispositif. Deux objets sont par contre différents et annoncent un changement : les « études sur le genre », qui sont un pont vers les genders studies anglo-saxonnes et des doctoran-tes font actuellement leur thèse à partir de cette approche en ASC ; la « médiation », thème qui signale un actuel mouvement dans les questions vers des segments du métiers pouvant venir modifier le centre de gravité de l'ASC.

 

 

Ici je devrais organiser autrement le propos car je réponds à une question : est-ce que l'ASC est un champ de recherche ? Je montre qu'il existe des conditions qui sont remplies pour dire que c'est un champ de recherche : réseaux, revues, colloques… Je me demande s'il faudrait pas commencer par là même si j'y arrive après. En fait, quand je discute des thèmes des thèses et des dates de leur production je suis déjà dans autre chose qui est la construction de l'objet « processus d'animation » historiquement et comme machin qui produit certains effets. Et pour être là-dedans je dois avoir dégagé d'autres points : est-ce un domaine de recherche oui ; la séparation entre champ et objet ; la présence de l'objet ; la méthodologie pour travailler cet objet ; quelques résultats

1.1.4. Les Université et les directeurs de thèses

La première chose qui se donne à voir (Voir tableau Annexe 2), c'est l'éparpillement des lieux de production des thèses (39 universités concernées). Puis, progressivement, des faits apparaissent plus saillants : parmi toutes ces universités quinze sont parisiennes et comptent pour un total de 123 thèses sur 318, soit plus du tiers des thèses. Une douzaine d'université se distinguent avec un minimum de dix thèses chacune dont cinq au moins avec vingt thèses (23 est le maximum). À l'intérieur de ce groupe des principales universités, l'École des hautes études en sciences sociale (EHESS), ex-École pratique des hautes études (EPHE), sort du lot avec des thèses uniquement soutenue en sociologie. De même, il faut remarquer des « spécialités » : Paris 5, avec 12 thèses en sciences de l'éducation soutenues principalement avec Joffre Dumazedier (7) ; Paris 8, 5 thèses de théâtre soutenue toutes avec André Veinstein ; huit thèses en histoire à Paris 1 ; Rennes avec cinq thèses en sciences politiques soutenues entre 2007 et 2008. Il se dessine en creux des éléments importants pour comprendre l'organisation de la recherche à propos de l'animation socioculturelle comme l'existence de sites propices, et bien souvent, de figures de la recherche.

Du point de vue des directeur-trice de thèse, les choses sont assez similaires puisque sur 246 thèses renseignées quant au directeur-trice de thèse, on peut voir qu'elles sont encadrées par 207 personnes différentes. Mais là aussi, des éléments sortent du lots : il semble y avoir des noms qui comptent. On peut ajouter à la liste de Joffre Dumazedier et André Veinstein : Henri Desroche, Jean-Pierre Augustin, Alain Vulbeau, Gérard Mauger, Antoine Prost, Gérard Cholvy, Bernard Miège, André Rauch, Marc Bru, tous connus pour leurs écrits à propos de l'animation socioculturelle.

D'autres noms apparaissent, quant à eux, moins connus dans ce cadre : Michel Maffesoli, Michel Verret (spécialiste de l'histoire ouvrière voir Verret, 1991), Louis-Vincent Thomas, Jacques Wittwer, Etienne Leroy, Gilles Le Béguec, Jean Maisonneuve, Guy Berger, Guy Avanzini, Louis David, Marc Rouzeau & Philippe Leroy (à Rennes en science politique), Bernard Michon, Anne-Marie Guillemard, Jean-Yves Trépos, Michel (?) Rochefort, François Aballea.

Pour dépasser le listing d'auteurs, il me paraît important d'aller plus avant avec plusieurs figures emblématiques qui forment, autant des repères pour la recherche mais aussi représentent des lieux : Joffre Dumazedier et Paris 5, Henri Desroche l'École pratique des hautes études (puis EHESS), Jean-Pierre Augustin et Bordeaux 3, Alain Vulbeau Nanterre et ses réseaux. Voilà les différentes configuration sur lesquelles je reviendrai dans le chapitre suivant.

Au travers des éléments d'analyse proposés dans le chapitre suivant, j'aimerais montrer qu'il existe déjà une recherche à propos de l'animation socioculturelle, constitué dans un laps de temps relativement long qui lui donne une profondeur. Dans cette histoire, les liaisons entre l'université, les agences, de l'État ou internationales, et le tiers secteur (coopérative, association, service public local) se sont constituées, modifiées voire ont été remises en cause au cours du temps. Au sein de ces variations contextuelles, se trouvent probablement des éléments à prendre en compte pour comprendre les conditions de la production d'une « recherche À PROPOS de l'animation socioculturelle ».

1.2. La production de la recherche À PROPOS de l'ASC : quelques exemples

Ce qui m'intéresse de présenter ici, ce sont les conditions passées et actuelles de production d'une recherche à propos de l'ASC. Celle-ci passe par des contextes qui permettent à des individus d'entrer dans des situations de production d'une recherche, d'accumuler avec d'autres les savoirs produits et, enfin, des possibilités de diffuser ces savoirs vers ceux qui entrent dans cette pratique, et aussi, entre les personnes intéressées par ces savoirs à différents titres (commanditaire de la recherche, chercheurs du champs, praticiens de l'animation socioculturelle). Pour saisir, la complexité de cette question, je m'appuierai sur des exemples concrets qui permettront de voir, en réalité, comment se fait la recherche à propos de l'ASC[9].

 

1.2.1. Des chercheurs, des laboratoires de recherches et des réseaux

Les noms qui ont marqué et marquent encore la recherche[10] à propos de l'ASC, sont liés à des lieux qui fonctionnent en articulation entre des formes différentes d'institutions et ainsi se créent des objets hybrides très représentatifs de la particularité de cette recherche. Outre, cet aspect institutionnel, je présenterai les objets de recherche de ces grandes figures du champ car il souligne différentes dimensions de la recherche à propos de l'animation socioculturelle.

 

La présentation des trois piliers doit aussi se faire selon les théories qu'ils développent et leurs principaux travaux

 

Joffre Dumazedier, Peuple et Culture & Paris 5

Il faut comprendre le rôle de Joffre Dumazedier dans la production de la recherche en ASC car il y occupe une place central qui va marquer les productions ultérieures avec la sociologie des loisirs et les controverses qui vont l'accompagner et d'une autre côté l'autodidaxie. (Amiot, 1986 ; Gilbert & Saez, 1982 ; Saez, 1994)

 

Henri Desroche, l'École pratique des hautes études & le Collège coopératif

Voir l'article sur ses liens québécois. (Palard, 2005) La recherche-action et la biographie commentée, les Collèges coopératifs l'articulation développement, participation, animation et communautés.

 

Chombart de lauwe et le Centre ethnologique de Montrouge

 

 

 

Ensuite s'ouvre une période récente où là aussi les principaux lieux de recherche doivent être indiqués avec les travaux et les théories

 

Jean-Pierre Augustin, le laboratoire ADES et l'IUT Michel de Montaigne

Pour comprendre la singularité des liens qui se tissent entre l'IUT Michel de Montaigne puis Institut supérieur d'ingénieurs, animateurs territoriaux (ISIAT) et l'Unité Mixte de Recherche (UMR) 5185 – Aménagement, développement, environnement, santé et société (ADES) CNRS, il est intéressant d'en saisir l'histoire ce que nous propose les professeurs Jean-Pierre Augustin et Jean-Claude Gillet dans deux articles (Agustin, 2010 ; Gillet, 2010). Les fondements comme les développements se font à partir et autour de Jean-Pierre Augustin professeur en géographie et membre du laboratoire de géographie ADES. Il propose une approche spatiale de l'objet dans sa thèse et une différenciation des modes de socialisation des adolescents qui sont corrélés à la différence de localisation des « espaces de socialisation ». On peut dire qu'il est le premier chercheur de l'animation socioculturelle ce dont témoigne son implication dans la création d'une des premières institution universitaire consacrée à l'animation socioculturelle.

L'IUT Bordelais est en effet, le premier créé en France qui, à destination des métiers de service, soit ouvert aux métiers de l'animation socioculturelle. Il est l'œuvre d'un réseau fondé au début des années 1960 autour de la Fédération des Œuvres Laïques (FOL33), de la Ligue de l'enseignement et du Centre d'études et de recherches marxistes (CERM) qui aboutit à la création du département carrières sociales en 1967. Les enseignements sont portés par des enseignants de l'université et des professionnels chargés d'enseignements. Puis en 1990 est créé en plus un Diplôme universitaire appliqué (DUA) qui permet aux animateurs formés à l'IUT d'obtenir le DEFA, diplôme professionnel du champ, et une reconnaissance universitaire. Celui-ci sera transformé en Licence professionnelle à partir de 2005. En 1994, un prolongement à ce DUA est créé à Bac+4 avec un diplôme d'études supérieures le DUESA. L'IUT se couple avec l'ISIAT créé en 1994 et se dote alors d'un projet de recherche. Finalement, le DUESA devient Master Professionnel spécialité « Ingénierie de l'Animation Territoriale ».

Depuis 1979, l'IUT organise des colloques chaque année portant sur différents objets associés à l'animation socioculturelle, publiés depuis 2003, dans la collection « Animation et territoires » dirigée par Jean-Pierre Augustin et Jean-Claude Gillet. Créé en 2003, un réseau des chercheurs en animation au niveau international est animé par Jean-Claude Gillet (RIA). En 2007, un Réseau national des universités et des instituts publics de formation supérieures aux métiers de l'animation (RUIFA) est institué et son adresse est à l'IUT Michel de Montaigne (Greffier, 2010).

Une revue internationale[11] de l'animation en relation avec l'université du Québec à Montréal, Animation, territoires et pratiques socioculturelles, a été créée en 2010. Elle compte à ce jour trois numéros.

 

Alain Vulbeau, ses réseaux et Nanterre

Il n'existe pas à proprement parler de filière animation à l'université Paris Ouest Nanterre mais par contre, s'est constitué au fil du temps, un point de rencontre entre divers réseaux dont l'un des points d'entrée est Alain Vulbeau. Ce réseau permet à différents professionnels d'assurer des enseignement dans le département des sciences de l'éducation et, plus particulièrement, dans le Laboratoire Centre de Recherche Éducation et Formation (EA 1589), Secteur "Crise,  École, Terrains sensibles".

Une partie de ces réseaux sont liés à des revues qui comptent pour le champ de l'animation : Recherche sociale de la  FORS, Informations sociales de la CNAF, Agora-débats-jeunesse de l'INJEP,  Territoires de l'ADELS.

Alain Vulbeau a constitué aussi des liens avec les Ceméa (Licence3 – Dejeps), avec le Centre national de la fonction public territoriale (Cnfpt) sur la préparation au concours d'attaché option « animation » de la filière administrative, en psychologie sociale, jusqu'à la réforme récente de l'organisation du concours. Du point de vue de la méthodologie, il a mis en avant l'approche par les petits objets et l'ethnographie. On lui doit aussi le concept de « jeunesse comme ressource » et un travail avec Manuel Boucher, sur l'émergence de pratiques singulières dans les « terrains sensibles ».

 

Produire, accumuler et diffuser la recherche :

À partir de ces différentes histoires, on peut tracer quelques lignes de forces quant à la production actuelle de recherche à propos de l'ASC. Il s'agit d'une première liste qui demanderait un travail d'approfondissement.

 

ü  Les articulation écoles du travail social et université

Il existe au moins deux partenariats bien identifiés entre des universités et des centres de formation : Nanterre avec les Ceméa et Créteil avec l'Infa. Le premier porte sur un couplage entre une Licence 3 avec un Diplôme d'État jeunesse éducation populaire sport (DEJEPS). Le deuxième le couplage porte toujours sur une Licence 3 mais cette fois avec un Diplôme  d'État supérieur jeunesse éducation populaire sport (DESJEPS).

ü  Les articulation IUT – Université

Les IUT sont liés avec des équipes de recherche pour leur recrutement de Maître de conférence après les liens peuvent être plus ou moins constitués. Deux lieux se distinguent quant à la filière animation : l'IUT de Figeac avec Toulouse et celui de Bordeaux avec la laboratoire ADES (pour une histoire des IUT Carrières sociales, voir Gillet, 1998) ; il existe d'autres IUT qui comptent : celui de Tours avec Laurent Besse.

 

Mustapha Poyraz[12] est un auteur qui s'intéresse aux actions de proximité. Voir aussi Maryse Bresson sur les centres sociaux.

 

ü  L'accumulation du savoir des professionnels de l'animation

Depuis quatre ans, l'Infop-Ceméa et l'Université Paris Ouest Nanterre ont signé une convention pour permettre à des professionnels de l'animation d'acquérir à la fois un DEJEPS et une Licence 3 (voir présentation au § 3.1.). Certain-es étudian-tes stagiaires ont besoin d'une mise à niveau pour accéder à la formation universitaire. Aussi, ces deux institutions organisent conjointement un Certificat préparatoire à la Licence. Le choix pédagogique a été de proposer à l'ensemble de la promotion ce certificat, en faisant ainsi de celui-ci, une première partie de la formation. Depuis la première promotion en 2009 (DE2), une soixantaine de mémoire ont été réalisés. Cet exercice est indéniablement une manière de produire une « communauté de pratique » des professionnels de l'animation socioculturelle passé par l'Infop[13].

Il existe plusieurs sites internet qui recueillent les mémoires des animateurs comme celui : le catalogue Archipel[14] de l'Université de Toulouse permet d'accéder à 208 occurrences (le 17 juillet 2012) avec « animation socioculturelle » dont un certain nombre de mémoire de fin d'étude des étudiants de l'IUT de Figeac ) ; le site Masterscontributions[15] pour accéder à des mémoires de Master dont certains portent sur l'animation socioculturelle en particulier à l'université de Toulouse ; le Musée social a pour mission de conserver les mémoires du Diplôme supérieur du travail socil (DSTS) et maintenant Diplôme d'État d'ingénieur social (DEIS). Enfin, le Cnam avec l'association a créé une base de données des thèses (Thésis) autour du travail social[16].

Il existe une publication de masters animation (Forssard, Lafon & Lucbernet, 2009) qui comprend les écrits de trois stagiaires de la première promotion (2007-2008) du Master professionnel « Spécialité ingénierie de l'animation territoriale » de l'université de Bordeaux. Pour finir, je citerai l'ouvrage d'Olivier Douard sur ce sujet :  Dire son métier. Les écrits des animateurs.

 

ü  La diffusion du savoir

Dans le champ de l'animation socioculturelle, il existe trois vecteurs de la diffusion de la recherche généraliste et, ensuite, plusieurs réseaux plus singuliers. Dans la première catégorie, sous la direction de Jean-Claude Gillet[17], on trouve les colloque organisés chaque année par l'ISIAT et qui donnent lieux à la publication d'un livre. On trouve aussi les colloques internationaux du Réseau International de l'Animation[18] (RIA), réseau qui organise un colloque tous les deux ans depuis 2003, et aussi, la revue internationale Animation, territoires et pratiques socioculturelles, déjà évoquée.

La revue classée Agora/débats Jeunesse produite par l'Institut national jeunesse éducation populaire (INJEP) faisant suite aux Cahiers de l'animation du même organisme, est un espace de diffusion dans le champ et, plus particulièrement, pour les jeunes chercheurs.

Jean Houssaye a organisé en mai 2011, maintenant pour la troisième fois, un symposium sur les colonies de vacances et les centres de loisirs permettant aux chercheurs de venir débattre de leurs travaux sur un de ces thèmes. Enfin, l'université Paris ouest Nanterre propose une revue en lien avec son Master Cadre d'intervention en terrains sensibles (CITS) SpécifiCités[19], qui permet à des travailleurs sociaux en formation de se confronter à des chercheurs sur un thème qu'ils ont défini.

 

ü  Les situations de co-production

Bernard Bier a créé en 2005 une collection d'ouvrages à l'Injep qui a pour caractéristique, de construire une relation entre des acteurs de terrain et un-e scientifique, en vue d'élaborer et de « faire émerger l'intelligence des pratiques » comme dit la quatrième de couverture. Le cahier des charges de la collection précise : « Il s'agira d'une présentation d'outils pour l'action et d'éléments de réflexion élaborés à partir d'interventions sur "le terrain" ou d'observation (expertise, recherche-action…) dans le champ des politiques éducatives territoriales, de la formation ou de l'animation, soit par des membres de l'UREF [Unité de recherche, d'étude et de formation de l'Injep] (seuls ou en partenariat), soit par des chercheurs associés, soit par des structures externes. » Au couplage institué entre terrain et recherche avec des formules multiples, il faut ajouter la visée originale : « Les auteurs devront mettre en valeur l'intérêt des observations présentées, de la démarche engagée en terme de réflexion, mutualisation, formalisation, transférabilité. » Un travail d'analyse et de comparaison des différentes formes de couplage, comme du choix effectué en terme de visée serait à opérer afin de dégager un certain nombre de modèles de production des savoirs du champ.

Le deuxième exemple de co-production n'est pas au départ un tel dispositif. Le Haut commissariat à la jeunesse a proposé aux acteurs de terrain couplé avec des évaluateurs de mener des expérimentations sociales, d'où le nom Fond d'expérimentation jeunesse (FEJ), afin d'agir sur les politiques publiques. Il se trouve qu'en pratique, la relation entre l'évaluateur et l'expérimentateur, dans ce cadre singulier, oblige à inventer des manières de faire praticable. Les évaluateurs du Céreq ont d'ailleurs inventé la notion d'évaluateur embarqué pour essayer de qualifier ce couple (Dubois & Podevin, 2011). Pour ma part, l'évaluation suit dans le temps un premier travail réalisé avec l'expérimentateur dans le cadre des Cahiers de l'action. En quelque sorte, nous sommes là dans un travail de modélisation. Or, il apparaît à ce niveau de production d'analyse que le rôle du chercheur-évaluateur est plus précis car, il consiste à produire un savoir sur l'existence d'un transfert possible d'une pratique, dans un autre contexte. La question est alors de mettre en lumière le savoir qui pourrait être transféré. Pour ma part, j'ai principalement  travaillé sur la connaissance de l'effet produit avant de pousser l'analyse vers un éventuel transfert. Il faut souligner que je mène des observations dans ce lieu depuis 2005, observations qui ont soulignées la présence d'un effet (mis au jour et décrit) et c'est seulement aujourd'hui après sept années de recherche de terrain, en lien permanent avec les acteurs du terrain que nous allons, ensemble, commencer à signaler les conditions complexe de production de cet effet. Ceci en dit assez long, je pense, sur le temps de la recherche et met en lumière ce que cela suppose en terme de financement public pour la réaliser. Là aussi, comme avec les Cahiers de l'action, une étude des différentes productions dans le cadre du FEJ, comme retour sur expérience de la recherche couplée avec le terrain, serait utile pour en tirer des enseignements quant au-x modèle-s de liaison entre évaluateur et expérimentateur.

ü  La commande publique

Pour finir[20], un petit mot sur la commande publique. La constitution du champ favorise la production d'un savoir qui, pour la puissance publique, sert à piloter ses projets. À l'intérieur de ce contexte, les acteurs de terrain, comme les chercheurs peuvent produire une série de savoirs. Existe-t-il des possibilités de susciter les financements publics en vue de produire des savoirs directement pour le terrain ? À ma connaissance, il n'existe pas d'exemple d'utilisation des projets blancs de l'ANR par les acteurs du champ de l'ASC. Il existe des financements régionaux pour la recherche, et l'Ile-de-France est dans ce cas, qui permettent de créer des couplages terrain-recherche. Il me semble cependant que ces couplages ne sont pas fréquents, peu lisible en terme de problématique de recherche pour l'animation socioculturelle, mais à l'exact image de l'état du champ qui est peu à même de formuler ses objets de recherche. Aujourd'hui, il manque certainement un espace qui permette de construire des perspectives de recherche à un niveau global et qui donc permet de baliser les parcours pour obtenir des financements de recherche.

2. La recherche POUR l'animation socioculturelle : définir un contour, préciser les démarches

Il y a un préalable qui est de définir de quel champ on parle et ce faisant les objets de recherche peuvent alors se discerner beaucoup plus facilement et les conditions de mise en place de ces recherches être mises au travail. Les interactions entre les mécanismes de construction du champ et de l'objet ASC sont un enjeu en vue de produire une recherche POUR l'animation socioculturelle.

2.1. Un champ morcelé entre terrain et politique

J'ai évoqué à plusieurs reprises le morcellement des travaux produits à propos de l'animation socioculturelle et j'ai donné différentes éléments pour en saisir la structure. Il faudrait ajouter un point que j'évoquerai rapidement bien qu'il faudrait pouvoir le détailler. Il me semble qu'il existe une différence entre des thèses qui seraient réalisées par des animateurs et d'autres qui viendraient d'acteurs du champ en position d'agir sur les dispositifs et les politiques publiques. Cet aspect me paraît être une ligne d'analyse à approfondir.

J'ai utilisé le terme de « champ » pour qualifier l'animation socioculturelle. Il s'agit de dire par ce concept que « l'animation socioculturelle » est l'objet d'un « travail » de production des acteurs du champ. Dit autrement, il existe des personnes qui par leurs positions, leurs discours et leurs production intellectuelles, produisent les contours de ce qui pourrait se définir comme « animation socioculturelle ». Or ce champ est clairement fragmenté en différentes parties qui ne se ressemblent pas[21].

Le champ est construit sur une rupture implicite avec d'un côté le terrain et de l'autre le politique ce qui rend difficile le repérage des objets qui traversent le champ. Voilà un constat qui ressort de l'analyse des notices des thèses produites à propos de l'animation socioculturelle. J'ai pris conscience de cet aspect en m'étonant de ne pas trouver certains travaux avec les mots classiques comme « animateur socioculturel » et « animation socioculturelle ». Puis, progressivement, s'est imposée à moi l'idée que le choix d'un item d'indexation était nécessairement différent selon la place occupée dans le champ. Prenons l'exemple des thèses soutenues en science politique (voir annexe). Nous sommes en présence de 21 thèses. J'ai retenu le titre des thèses concernées. L'analyse des mots du titre fait ressortir que seules deux thèses comportes le mot « animation », aucune « animateur », par contre, nous avons 21 fois le mot « politique » dont six fois présent plus d'une fois dans le même titre. On peut souligner que les auteur-e-s choisissent clairement leur inscription dans la science politique. Pourtant, ce n'est pas l'item « politique de la ville » qui comprend le mot « politique » qui est à l'origine du repérage de ces thèses puisque ce n'est la cas que pour 6 thèses. Les autres thèses ont été repérées par les items : « animation » (1), « animation socioculturelles » (2), « animation socioculturelle » (1), « animation urbaine » (1), « animation culturelle » (1),  « MJC » (1), « mouvements de jeunesse » (2), « participation habitants » (2), « participation jeunes » (1), «conseils de jeunes » (2), « éducation non formelle » (1). Il semble donc exister une production émanant des pratiques de terrain à partir d'acteurs de celui-ci et d'autres s'inscrivant plutôt dans une recherche sur l'animation socioculturelle mais n'utilisant pas ce terme comme descripteur.

On peut poursuivre cette analyse de la présence d'une coupure, somme toute classique, entre conception et réalisation en entrant dans différents cadres d'emploi qui pourraient avoir recours à des personnes formées au niveau doctorat, et voir l'absence de liens apparent avec le champ de l'animation. Un exemple tiré du cadre d'emploi de la fonction publique territoriale (FTP) rendra compte de ce que je viens de présenter. Il existe une filière « animation » dans la FTP qui part du niveau C pour s'arrêter au niveau B. Pour le niveau A, les agents sont inscrits dans la filière administrative au sein d'une option « animation »[22]. Or, il existe des emplois situés à un autre niveau comme les Directeurs et directeurs adjoints des services (DG & DGA), dont certain-e-s sont dans la cdre d'emploi des Administrateurs, qui exercent aussi au sein du champ de l'animation. Dans la fonction publique d'État, un certain nombre d'agents est chargé de la conception et de l'évaluation des politiques publiques tant du Ministère de la Jeunesse et des Sports que de la Cohésion sociale,administrations qui produisent des dispositifs intéressant directement les animateurs. Il existe même, avec l'institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire, une agence chargée d'évaluer les politiques publiques de la jeunesse. Pour rester dans cette filière d'État, il y aurait bien sûr le cadre des enseignants chercheurs, chargés de former des étudiants au niveau Master. Du côté des Masters[23], outre ceux qui sont directement affichés comme concernant le champ de l'animation, il faudrait prendre en compte les masters qui s'adressent à ceux qui seront chargés des politiques publiques de la ville du point de vue de la prise en compte du social comme le Master de Sciences Po « Stratégies territoriales et urbaines »[24]. Dans le monde anglo-saxon, on penserait aux Community Organizers dont la fonction est de s'occuper des liens des communautés avec la société et des liens inter-communautés et il existe, au final, très peu de circulation entre ces deux mondes, pour faire vite, les colos et les centres de loisirs, et les « ingénieurs sociaux ». Pourtant, du point de vue des personnes, les réseaux se croisent, se connaissent, parfois travaillent ensemble.

 

 

il faut ajouter ici les analyses développées par la JS ou le Cafemas (voir dans le dossier article en cours/affuts/recherche en ASC) sur la structuration du champ qui est construit selon leur vision uniquement par ce qui s'appelle directeur animation même si les emploi sont dans le statut d'attaché filière administrative (et option animation) ou bien s'il s'agit de formation au delà de l'IUT carrières sociales (genre les maters ils connaissent pas). Il faudra aussi que je relise le que sais-je de Francis Lebon ;

 

http://www.iut.u-bordeaux3.fr/diplomes/masters-pro/specialite-ingenierie-danimation-territoriale/

http://www.univ-paris-diderot.fr/sc/site.php?bc=formations&np=SPECIALITE?NS=834

http://www.flsh.unilim.fr/formation/par-niveau-detudes/l3-master-professionnel-valorisation-du-patrimoine-et-developpement-territorial/

http://www.master-projter.uhp-nancy.fr

http://www.univ-bpclermont.fr/formation/formation/UBP-PROG20304.html

http://www.uco.fr/formations/master-specialite-metiers-du-developpement-territorial-et-de-l-economie-sociale-et-solidaire-1013.kjsp

http://www.univ-paris8.fr/Master-economie-des-institutions

http://www.univ-angers.fr/fr/formation/offre-de-formation/MLMD/0002/mase-851.html

http://sceco.univ-aix.fr/page.php?IdPage=601&IdProfil=7

http://www.cfau.fr/nos-formations/master-ingenierie-de-projets-en-economie-sociale-et-solidaire-2eme-annee

http://www.ujf-grenoble.fr/formation/diplomes/masters/domaine-sciences-humaines-et-sociales/master-mention-sciences-du-territoire-specialite-ingenierie-du-developpement-territorial-p--218733.htm

http://mastersciencepo.univ-lille2.fr/index.php?id=183

http://www.ehesp.fr/formation/formations-diplomantes/master-jeunesse-politiques-et-prises-en-charge/

http://www.univ-tlse2.fr/accueil-utm/formation/offre-de-formation/master-politiques-enfance-jeunesse-624.kjsp?RH=02Diplomes

http://www.univ-catholille.fr/formations/fiche-formation.asp?etb_Id=30&parc_id=1047

 

 

2.2. L'animation socioculturelle comme processus

Si on se penche sur l'objet des thèses, on remarque qu'il s'agit de décrire des phénomènes sociaux produits par différents acteurs sociaux. Et de ce point de vue, ces acteurs ne sont pas toujours les travailleurs sociaux. Une partie des travaux intéressent les médecins[25], d'autres les politiques publiques même si, au final, elles sont menées par les animateur-trices socioculturels. Ceci invite donc à aller plus avant dans la description de l'objet et sa structuration.

Dans l'analyse, je distinguerai donc le champ, qui est le descriptif des rapports entre les différentes parties qui cherchent à produire le champ en revendiquant la légitimité de leur point de vue, de l'objet « animation socioculturelle », qui lui désigne un processus d'action dans la société. Pour comprendre l'objet ASC, on peut prendre comme exemple la présence de nombreux travaux de thèses qui ne semblent pas directement concerner les pratiques habituelles des animateurs. Cela est particulièrement visible lorsqu'on analyse les thèses qui apparaissent à l'item « animation »:sur 42 thèses, 27 ne sont pas directement sur l'animation socioculturelle. Nous avons par exemple des thèses qui s'intéressent : au développement, à l'animation musicale, à l'animation de la classe, au théâtre, à la gériatrie, au cinéma, au bibliothèque… C'est-à-dire que les auteur-e-s parlent du « processus d'animation », et de son usage dans différents contexte.

Ceci est particulièrement vrai sur deux périodes 1966-1982 et 1993-2009.

 

 

 

ÉDUCATION POPULAIRE,PAYS EN VOIE DE
DÉVELOPPEMENT
,DÉVELOPPEMENT
LOCAL & RURAL
,COMMUNITY
DEVELOPMENT
,« QUÉBEC »
- ANIMATION
-DÉVELOPPEMENT
- COMMUNAUTÉ
-PARTICIPATION
,POLITIQUE DE LA VILLE,PROCESSUS
D'ANIMATION
, ÉTUDE
 DU
 GENRE
,MÉDIATION,ÉCOLE,HÔPITAL
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Fig. représentation des liaisons entre les différentes composantes qui interviennent dans la constitution de l'objet animation socioculturelle et les prolongements de l'objet dans d'autres objets de l'ASC.

 

Ceci dit, on peut approfondir les conditions de construction de l'objet ASC comme processus d'animation. Il s'agit ici de mettre en lumière différents réseaux participant à l'émergence de l'ASC. Cette synthèse (ci-dessus) ressort de l'analyse de l'apparition des items et de celle des réseaux de diffusion des idées, et de production de la recherche, à propos de l'ASC.

En haut du schéma se trouve l'éducation populaire elle-même creuset de différents réseaux, dont une partie, sont des réseaux internationaux comme pour le scoutisme, les centres sociaux (settlement anglo-saxons), ou les colonies de vacances (Bataille & Levitre). Mais il existe aussi une filière anglo-saxonne avec le Community development [26]. Un point de jonction francophone/ango-saxon s'élabore au Québec à propos des « groupes périphériques » de la société pensé par Henri Desroche comme des groupes vecteurs des transformations sociales. Du côté francophone, des liens s'établissent avec les pays en voie de développement et le développement rural[27].

L'animation, comme processus, va irriguer le monde scolaire et celui des hôpitaux. L'usage du processus dans ces cadres d'action est une occasion intéressante pour comprendre les mécanismes et le sens, de ce processus car nous sommes alors dégagés des représentations, de ce que devraient être les pratiques d'animation, imposées par les logiques de champ.    

 

Suites…

 

ÉDUCATION POPULAIRE,PAYS EN VOIE DE
DÉVELOPPEMENT
,DÉVELOPPEMENT
LOCAL & RURAL
,« QUÉBEC »
- ANIMATION
-DÉVELOPPEMENT
- COMMUNAUTÉ
-PARTICIPATION
,POLITIQUE DE LA VILLE,PROCESSUS
D'ANIMATION
,MÉDIATION,ÉCOLE,HÔPITAL,GÉRIATRIE
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Si on organise les choses d'un point de vue historique alors il apparaît deux sources à l'origine de l'ASC : l'éducation populaire (1920-1940) et l'international avec Unesco et Nations Unies (1940-1950). À la croisée de ces deux sources va naître l'ASC comme résultante des deux.

[voir Chévrefils qui parle d'un texte de 1957 aux Nations Unies qui définit l'animation et ce que dit Desroche sur sa découverte des pratiques au niveau international. En réalité, il existe une autre source qui est l'Unesco avec les formations d'animateurs de mouvement de jeunesse dès 1948. Ceci forme le contenu de ma contribution au RIA 2013 à Paris. Et de ce côté là, il s'agit sûrement de travailler à l' « éducation de base » après il y aura la guerre froide et cette source deviendra peut-être plus difficile à assumer. Du côté « éducation populaire », il y a analyser ce que va faire les Ceméa en créant le centre de formation pour professionnels à Bénouville, Infprase. Il me semble que de ce côté là, c'est la découverte de la dynamique de groupe l'apport essentiel. Maintenant, il faut voir aussi comment ça mouline avec les trois piliers que sont à l'époque Desroche, Chombart de Lauwe et Dumazedier. Bref, le « processus d'animation » ce machin qui produit un effet singulier et qui va donner naissance à une profession (de ce qui maîtrise ce processus?) est une matrice nécessaire pour comprendre ce qu'il en est des source de création de l'ASC.

 

 

 PARTICIPATION 
- Concertation
- Décision
- Co-gestion…
,DÉVELOPPEMENT
- Social
-Local
-Rural
-Communautaire
,COMMUNAUTÉ
- groupes
- publics
- quartiers…
,SOCIALISATION
- individualisation
- personnalisation
- acculturation
,ANIMATION
SOCIOCULTURELLE
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Fig. Schéma de présentation des liens entre les principaux items pour rendre compte des processus dans lesquels l'animation socioculturelle vient s'inscrire réalisé à partir du corpus de thèses identifiées sur Sudoc et de mon « étude sur la littérature grise produite dans le cadre de l'animation socioculturelle portant sur la socialisation », Injep 2006.

Bof, par contre, ré-introduire l'étude pour l'Injep comme source d'analyse ça serait intéressant comme un moyen d'analyser comment l'asc s'empare d'une question et peut-être que cela peut me servir à tester mes hypothèses quant à la construction du champ

Avec la politique de la ville, l'animation socioculturelle est dans un rapport de proximité. Cependant, sur ses « bords », est née la médiation comme une autre façon de pratiquer, voire, comme un processus concurrent. Mais on peut comprendre cela comme une mise en perspective de l'animation socioculturelle confrontée à la réalité de son (ses?) contexte-s d'émergence : c'est au sein d'espaces ségrégés, à plus d'un titre, que l'ASC s'est développée. D'où l'ouverture actuelle vers les thématiques de l'ethnicisation de l'ASC ou les études du genre, comme aussi celle portant sur la socialisation.

Quelles sont les principaux thèmes qui apparaissent à la jonction des items retenus pour le corpus. Si on parle d'animation socioculturelle comme processus, cela veut dire qu'on considère que cette activité produit des effets ou transformations du contexte dans ou sur lequel elle intervient. Il semble que les premiers contextes d'intervention furent de petites communautés : dans les pays en voie de développement, à l'échelle de bourgade rurale, mais aussi, les mouvements de jeunesse, ou bien les colonies de vacances. Lors de l'émergence du champ et de l'objet « animation socioculturelle », est lié à la présence de communautés en cours de constitution dans les grands ensembles. D'abord, sous forme d'animateurs bénévoles intervenant dans un milieu (Kaës, 1963), puis avec des animateurs professionnels, eux-mêmes pris dans les dispositifs de la « politique de la ville ». 

En se constituant, les processus articulés à l'animation socioculturelle se sont fondus dans l'objet si bien, qu'au cours des années 1980, l'animation se met à envahir de nombreux autre champs : l'école, le théâtre, la communication, l'économie, la gériatrie. Aujourd'hui, on retrouve les fragments de cette histoire de constitution de l'objet, au sein des enjeux qui animent le champ. Il serait contre-productif de vouloir tenter de « purifier » l'objet. Au contraire, il est profitable pour la compréhension du processus « animation » que des recherches soient menées dans des contextes très divers. Cela permet de tirer un bénéfice de l'analyse des pratiques développées par les acteurs sociaux dans des contextes variés, chacun jouant sur un aspect de ce processus hybride. S'il existe un type de formation doctorale spécifique à l'objet, cela ne doit pas se faire au détriment de la pluralité des approches mais plutôt dans la synergie. Ce qui compte, c'est la possibilité de relier les différents champs de recherche afin de nourrir une recherche POUR l'animation socioculturelle.

2.3. Une recherche POUR l'ASC

L'objet « animation socioculturelle » est sujet à des tensions entre ceux qui veulent l'amener dans le camp des sciences de l'éducation, voire de l'éducation non formelle, ceux qui pensent nécessaire de l'abandonner pour lui substituer l'intervention sociale, comme perspective de recherche, ceux qui voudraient le noyer dans le travail social (et éventuellement le faire disparaître), bref, la question d'une recherche POUR l'ASC, qui soit à son service, se pose avec acuité. Pour renseigner le débat, il me faut revenir sur différents éléments que j'ai apporté en cours de route. Quelles sont les facteurs qui favoriseront la production d'une recherche POUR l'animation socioculturelle ? Voilà à quoi je vais essayer de répondre. 

Il me semble qu'une des premières chose à faire est de mettre au jour le champ de l'animation socioculturelle et son objet. Pour cela, nous l'avons vu, il y a à franchir une barrière symbolique qui fragmente l'un et l'autre. Le franchissement de ce fossé ne me paraît franchissable qu'au sein d'un espace de production de formations et de recherches qui articuleraient les parties ensemble. Il faudrait créer ainsi les conditions pour mettre au travail les liaisons entre mise en œuvre et conception des actions par des personnes prises dans ces pratiques de liaison. Il me semble y avoir là un champ de recherche du même ordre que celui auquel est confronté le pédagogue en général : faire des liens entre pratiques et conceptions mais aussi entre les théories qui rendent compte de la production d'effets sociaux, et l'impact du système de valuation (ou production de valeurs) tant sur l'organisation de la pratique que sur les conditions de production des effets sociaux.

Ceci veut dire qu'il n'y a pas a priori de « niveau d'entrée » dans une production de recherche, le type de pratique ne peut qualifier préalablement l'éventuel production théorique. Un-e directeur-trice de colonie de vacances peut mettre au jour des concepts qui vont ensuite irriguer l'ensemble du champ. Ce point signale l'importance de la définition du barycentre de la recherche pour l'animation socioculturelle. Ma position serait de dire que le processus d'animation doit être abordé à des échelles de communauté variées dans la taille et dans la durée, aussi bien celle des habitants de tel quartier pluri-centenaire que le groupe d'adolescents diabétique en séjour pour 15 jours de vacances.

La possibilité de recherche EN, SUR ou DANS l'animation socioculturelle ne doit pas être réduite au nom d'une entrée qui serait à privilégier. L'animation n'a pas non plus de vocation à être plus ou moins dans une discipline que ce soit les sciences de l'éducation, la science politique, la géographie ou la sociologie. S'il existe un préalable, il est que l'animation socioculturelle est une pratique et, à ce titre, il s'agit de venir alimenter le travail des praticiens, –j'insiste cette fois-ci pour dire qu'il s'agit aussi d'intégrer les concepteurs des politiques publiques puisque le mot même de « praticien » pourrait mettre dans l'ombre ces acteurs du champ –. Une condition peut-être que se soient les praticiens eux-mêmes qui produisent la recherche POUR l'animation socioculturelle.

Il reste, quoiqu'il en soit, une condition avec laquelle il n'existe aucune possibilité de transiger : la recherche pour l'ASC est d'abord Recherche. Ceci suppose de remplir des conditions d'existence comme champ de recherche. Je l'ai montré : il existe des équipes de recherche, des réseaux, des colloques nationaux et internationaux, des revues, des formations jusqu'au niveau Master.

 

 

Ce travail doit permettre de reprendre les définitions de l'asc présentes dans ma thèse et de les analyser en fonction de cette idée de deux sources à l'origine de l'asc pour voir de quelle côté chacune se range, et aussi, du point de vue des définitions d'autres pays, comment elles s'articulent avec ça, enfin, pour ce qui est des pratiques d'animation en milieu rural comment les penser avec ça…

3. La recherche EN animation socioculturelle : qui et à quelles conditions ?

Si la recherche à propos de l'ASC existe, s'il paraît envisageable de reconnaître la présence d'une recherche pour l'ASC, il est nécessaire de s'interroger sur les particularité d'une recherche EN ASC, produite par les acteurs du champ. Cela suppose de prendre en compte déjà la pluralité des modèles. Pour cela, je m'appuierai sur mes pratiques d'enseignant, de praticien et chercheur EN animation socioculturelle pour aboutir à une interrogation sur l'éventualité d'un modèle de la recherche EN ASC.

3.1. Entrer en recherche : les conditions d'un parcours

Pour saisir, de mon point de vue, les enjeux de l'articulation entre recherche et animation socioculturelle, je propose de montrer comment les choses se déroulent dans un parcours partant du niveau le plus faible de formation concerné, qui se trouve être le seul diplôme obligatoire pour exercer aussi dans le cadre de l'animation socioculturelle, je veux parler des Brevet professionnel Jeunesse éducation populaire sports (BPJEPS) et des accueils collectifs de mineurs, jusqu'à ce qui serait le plus haut niveau : un doctorat d'animateur. Il s'agit d'un parti-pris puisque ce parcours concerne les animateurs qui commencent par une carrière puis suivent des formations professionnelles et non des personnes qui entrent en formation pour devenir animateur-trice comme dans le cas des IUT carrières sociales.

Du BPJEPS à l'entrée à l'université : J'interviens depuis 2009 dans un Certificat préparatoire à la Licence qui s'adresse à des professionnels de l'animation qui ont, pour une part d'entre eux, démarrés leur carrière avec un BPJEPS. Souvent ce premier diplôme, de niveau Bac, est le premier diplôme obtenu après un parcours scolaire interrompu en 3ème à la fin de la scolarité obligatoire. Pour entrer en L3, ces personnes doivent donc suivre un parcours de préparation. Sur six mois, le groupe passe par différentes étapes et contenus dont l'écriture d'un mémoire. Ce mémoire consiste en l'écriture d'un document de 25 pages préparant les étudian-tes stagiaires à entrer dans leur projet professionnel à réaliser dans le cadre du DEJEPS.

Comment se construit ce mémoire ? Il s'agit, pour ces étudiants, de partir d'une question en lien avec leur cadre professionnel, de la mettre au travail, au travers d'un certain nombre de détour comme un passage pour les notions qu'elle contient, la littérature sur la thématique mise au jour. Le mémoire se termine sur une reformulation de la question de départ dans une configuration qui permettra ensuite aux stagiaires du DEJEPS de partir sur un projet en ayant la capacité de mobiliser des savoirs. Leur mémoire est systématiquement validé par un universitaire. L'investissement des étudiants dans ce travail est marquant et les résultats très positifs.

On peut voir en cela la construction des conditions d'une entrée en recherche : la combinaison recherche-formation dans les partenariats université-centre de formation. Cette situation permet aux animateurs de prendre connaissance des savoirs produits dans le champ et de commencer un premier travail de recherche sur leur pratique. Ceci est possible parce que les personnes ont un temps de formation dédié qui rend possible cette entrée en recherche.

L'entrée en Licence 3 : Une fois le CPL obtenu, les étudiants entrent en Licence. Tous obtiennent de très bons résultats en Licence, bien meilleur que les autres étudiants. À cela sûrement plusieurs explications sont possible mais au moins deux paraissent jouer. Le certificat prépare les étudiants par acculturation à l'entrée à l'université stricto-sensu puisque les cours du certificat se déroulent dans les locaux de l'Infop-Ceméa, l'organisme de formation. Ils y arrivent avec des repères : ils savent faire une fiche de lecture, préparer une bibliographie thématique ; ils se sont mis à lire une littérature scientifique en lien avec leur activité professionnelle ; ils ont produit un document de vingt-cinq pages dans les normes académiques. L'autre aspect me paraît être l'entrée dans un processus de réflexion armé sur leur pratique professionnelle : situer leur question à propos de leurs pratiques dans un environnement conceptuel, prendre conscience de la présence de différents objets de recherche les concernant directement, penser la complexité de leur pratique.

Les étudiants vivent ce moment de l'entrée dans l'université comme un moment fondateur. La convention Nanterre-Ceméa a valeur ici de processus de promotion sociale et d'éducation populaire, valeurs portées par le champ de l'animation socioculturelle. Il s'agit très prosaïquement aussi de permettre à d'ancien décrocheur du système scolaire qui se sont construits un parcours de résilience dans l'animation socioculturelle, d'obtenir un diplôme universitaire.

Les master animation et poursuite de carrière : Plusieurs étudiants vont poursuivre leur parcours en Master 1, puis 2. On retrouve ici la présence de la coupure au sein du champ : ces étudiants, lorsqu'ils arrivent en Master 2, se trouvent en porte-à-faux dans leur cadre professionnel. Leurs habits semblent tout un coup trop petit pour ce qu'ils sont devenus. Cela vaut aussi bien pour le regard que portent ces étudiants sur leur travail que pour leur encadrement. Plusieurs de ces étudiants m'ont ainsi expliqué ne plus trouver leur place au sein de leur cadre de travail, mais aussi, que leur employeur est conscient de leurs compétences et cherchent alors à leur trouver un nouveau cadre d'emploi.

En fait, nous faisons actuellement l'expérience de la construction de parcours qui dépassent le cadre de la Licence qui paraît le plus proche du cadre d'emploi habituel des cadres de l'animation socioculturelle. Il manque finalement peut-être une réflexion sur la construction de masters spécifiques au moins au niveau de la région Ile-de-France.

Un doctorats animateur ou animation : Enfin, l'arrivée en fin de Master amène la question d'une entrée en thèse. Plusieurs étudiants sont dans cette configuration parmi ceux que je suis amenés à côtoyer à différents titres. Pour être dans une suite de ce parcours, il faudrait des doctorats animateur, centré sur le métier, ou animation, sur les processus utilisé par le professionnel. Mais ces doctorats supposent des écoles doctorales et donc des liens entre différents laboratoires.

Aujourd'hui en France quelles sont les universités à même de construire ces doctorats du point de vue de l'ASC : Bordeaux, Nanterre, Toulouse. Bordeaux autour du territoire (de la ville et du rural), Nanterre à partir des « terrains sensibles », Toulouse de l'animation jeunesse. Il s'agit là de pistes qui devraient être réfléchies quant à leur configuration car il y a à prendre en compte la particularité de la pratique en ASC. D'autres lieux pourraient sûrement entrer dans cette démarche  à condition de pouvoir associer : objets de recherche et formation.

Pourrait se poser aussi la question d'une « thèse d'exercice » comme, par exemple, pour les médecins. Sauf qu'il n'existe pas de cadre d'emploi qui exigerait, en l'état des choses aujourd'hui, de créer un tel diplôme. Mais cela ne doit pas être balayé d'un revers de la main, bien au contraire. Si la production de recherches en ASC se fait dans des cadres multiples, ce qu'on appelle la littérature grise, des doctorats seraient autant de travaux venant alimenter le champ en réflexion. La « thèse d'exercice » aurait le mérite d'une démarche de production du savoir en ASC puisque, pour reprendre l'exemple médical, il s'agirait : d'inscrire le travail au sein des travaux par la production d'une revue de littérature ; de produire un savoir sur un phénomène circonstancié ; de venir alimenter la pratique des collègues. Et là encore, on retombe sur la coupure dans la constitution du champ, qui sont les collègues ? Si l'entrée en thèse se traduit systématiquement par le départ du « terrain », soit des pratiques de réalisation, pour aller vers des pratiques de conception, donc loin du « terrain », alors qui et comment sera alimenté en travaux de recherche des « praticiens » ?

 

La recherche en ASC doit être conçue de la façon suivante :

ü  les chercheurs en ASC sont indifféremment des personnes situées dans la conception ou la réalisation des dispositifs ;

ü  la conception des dispositifs est produite aussi bien par des personnels dédiés que par les personnes impliquées dans leur mise en œuvre ;

ü  La recherche en ASC doit pouvoir être déclenchée aussi bien par les commanditaires des politiques publiques que par n'importe quel acteur du champ ;

ü  la recherche débute quelque soit la production, par un professionnel, d'un écrit sur sa pratique qui se fait dans une logique de production d'un savoir, de l'accumulation d'un savoir (qui tienne donc compte des écrits déjà réalisés sur le même sujet), de la diffusion de ce savoir.

3.2 Faire de la recherche en ASC : pulsion épistémique  

J'ai eu de multiples occasion de me trouver en situation de production de savoirs que ce soit : dans mon parcours de professionnel du champ en poste encore en 2006 comme chef d'un service jeunesse ; comme chercheur, dans un programme européen Culture2000, pour l'Injep sur une étude de la littérature grise portant sur la socialisation des jeunes ; comme évaluateur de politiques publiques dans le cadre de commandes publiques (Organisation internationale de la francophonie, Mission d'animation du fond d'expérimentation de la jeunesse, Agence de la cohésion sociale et de l'égalité). Ces différentes expériences ont donné lieu à la publication d'articles ou d'ouvrages, mais aussi d'une thèse. Je suis actuellement dans une deuxième thèse en géographie pour continuer mon travail de recherche et de pratique comme mon souhait de poursuivre la production des savoirs de l'ASC. Ce sera donc à partir de ces éléments biographiques que j'aborderai ici la question de la manière d'entrer dans un processus de recherche et en quoi il y aurait éventuellement une particularité ou une singularité chez les animateurs à concevoir et à pratiquer la recherche EN ASC.

Quand ai-je commencé à produire des savoirs en animation socioculturelle ? En fait, à partir du moment où je suis entré en écriture sur mes pratiques mais aussi en fonction des cadres dans lesquels cette écriture a été réalisée. Les écrits de ma formation d'animateur professionnel, le Diplôme d'État relatif aux fonctions d'animation (DEFA), furent le ban d'essai. Le travail de liaison entre des savoirs académiques et des savoirs des pratiques se fait dans certains exercices de production écrite pour le diplôme. Cependant, à l'époque (le début des années 1990), et je vois combien ma position est différente sur ce point aujourd'hui dans mes pratiques de chargé d'enseignements, il n'était pas fait mention de savoirs du champ. N'étaient présentés que des savoirs des disciplines scientifiques s'appliquant à nos objets de « réflexion », et non de recherche. Par ailleurs, il y avait interdiction de faire appel aux savoirs développés par les collègues animateurs défasiens puisqu'on ne pouvait pas citer un autre auteur-e de DEFA. Je me rends compte combien avec le Certificat préparatoire à la licence, je construis un objet totalement différent : il s'agit d'un travail de recherche documentaire, qui prend en compte les autres mémoires produits dans les autres promotions avec l'idée que la question d'un étudiant a peut-être déjà été le sujet d'un mémoire et, dans ce cas, il est intéressant de savoir en quoi le nouveau traitement de cette question va apporter quelque chose à la communauté des animateurs.

J'ai occupé finalement trois places dans mes productions de savoirs mais je pense que je n'ai occupé qu'une position. Ma première publication porte sur un travail de recherche coopérative (Bataille, 2007). Je veux dire par là que la production de savoirs a été l'œuvre d'un collaboration, entre les acteurs sociaux de la Maison de Courcelles, lieu dans lequel est développé la pédagogie qui était mise en analyse, et moi-même qui leur ai proposé un travail d'écriture. Je m'inscris dans le courant de la théorie ancrée c'est-à-dire à la fois l'ethnographie, la microsociologie, et l'École de Chicago (Chapoulie, 2001)[28] avec le courant de l'interactionnisme symbolique (Bataille & Calamel, à paraître). J'ai travaillé à partir de la mise en écriture de « situations », décrites par ceux qui les font exister dans leur pratique pédagogique. La « situation » est une interaction singulière, propre au système social constituée par les acteurs sociaux : ici, une colonie de vacances avec différents moments qui permettent de la saisir dans son fonctionnement. Mon travail d'accompagnement s'est aussi attaché à une prise de connaissance de ce modèle pédagogique par plusieurs campagnes d'observations fondées sur un principe : être en mesure de pouvoir répondre aux questions habituelles du terrain. J'ai produit par ailleurs un article qui s'est focalisé sur l'analyse de l'effet produit par ce modèle pédagogique[29]. Ma démarche de chercheur était fondée par une entrée : les pratiques, en rendre compte, les comprendre. La mise en mot de cette pratique, crédibilisée par le travail du chercheur qui crée des dispositifs ad hoc (dispositifs qui pourraient cependant être mis en œuvre directement par les praticiens), a permis de produire un écrit qui lu et apprécié par les parents envoyant leur-s enfant-s dans cette colonie de vacances : il a rendu lisible ce que font ces pédagogues. J'étais ici dans une recherche sur l'ASC.

Le deuxième exemple est la réponse à une commande d'étude au sein d'un projet européen Culture2000 et qui portait sur le patrimoine des colonies de vacances. Mon travail avait pour objectif de comprendre la constitution du corpus des bâtiments accueillant ou ayant accueillis des colonies de vacances en Haute-Savoir depuis leurs origines (Bataille & Levitre, 2010). Là encore, je me suis principalement intéressé aux pratiques celles qui ont eu pour effet, l'usage voire la construction d'un bâtiment pour les colonies de vacances. Cette entrée m'a permis de relier la question architecturale à un contexte social historique particulier. L'ensemble de cette recherche a été orientée par mes nombreuses expériences de directeur de colonie de vacances. Les résultats sont centrés sur la compréhension des évolutions des colonies de vacances afin de saisir à quoi finalement elles ont servi. Il est possible de partir de ce travail pour analyser les évolutions de cet objet et éventuellement faire des préconisations pour l'avenir, ce que des villes me demandent. On peut parler pour ce cas de recherche dans l'ASC.

Le dernier exemple est celui de ma thèse qui porte comme titre : Pédagogies de la décision, décider avec les publics en animation socioculturelle[30]. J'ai été ici dans un travail d'analyse d'une quinzaine d'années de pratiques pédagogiques. Mon travail a consisté à produire un concept pédagogique, c'est-à-dire un concept qui fasse le lien entre trois chose : une théorie, des pratiques et des valeurs. Ma thèse est construite sur ces trois aspects : une partie fait l'analyse des théories portant sur la socialisation ; une autre s'intéresse à la question des valeurs présentes dans les situations de démocratie délibérative ; enfin, une dernière partie, présente les différentes situations dans lequel j'ai développé des pratiques en pédagogie de la décision, modèle pédagogique sur lequel se fonde mon identité de pédagogue, non en soi, mais par ce qui la constitue : rendre compte d'une pratique, en comprendre et analyser les effets, la situer comme système de valeurs. Cette thèse était une recherche en ASC.

En fait, quelque soit la place que j'ai occupé, j'ai toujours mis en avant la question des pratiques et, en filigrane, j'ai cherché à répondre aux questions que je me suis posé dès que j'ai commencé à être animateur. Je peux commencer à comprendre certaines de mes pratiques passées seulement à la lumière de mes travaux actuels. Je pense qu'on peut parler d'une pulsion épistémique singulière : il n'y a pas de discours clos quant on s'intéresse aux pratiques mais simplement des discours possible pour en rendre compte. Mais l'envie de savoir, elle, est là déjà dès la première expérience. On observe d'ailleurs des chemins très différents pour tenter d'articuler cette pulsion avec la question des savoirs : certains chercheront à se mettre à distance en espérant trouver dans la pureté de l'objet dégagé des scories du terrain, la clairvoyance du sens des pratiques ; d'autres, et je fais partie de ceux-là, vont au contraire s'obliger à rester en permanence sur la ligne de crête entre le faire et le dire, entre les pratiques et les savoirs qu'on peut en tirer, sur les savoirs-faire de ces pratiques, les fonctionnement de la société que révèlent les pratiques, le sens qu'on doit accorder à ces pratiques. Soit deux chemins diamétralement opposé qui partent des pratiques pour les uns, qui tentent de s'y tenir pour les autres.

Au final, si la recherche en ASC se singularise, c'est par une centration sur les pratiques dans un mouvement spécifique : celui de la construction d'une réflexion par le praticien lui-même sur ce qu'il fait. Cette réflexion se fonde avec des chemins particuliers qui sont : rendre compte de la pratique de façon crédible ; mettre en lumière le ou les effets attaché-s à cette pratique ; rendre explicite le système de valeurs qui organisent l'horizon de la pratique. Ceci dit le praticien se nourrit des autres formes de recherche et des résultats qu'elles permettent. Une recherche en ASC ne rejette pas les recherches dans et sur l'ASC.

3.3. L'ingénieur, le médecin et le pédagogue : modèles des savoirs EN pratique

Voir le texte que j'avais envoyé à Alain au début de la thèse sur les ingénieur sociaux et celui sur la clinique idem. L'ingénieur c'est la rationalité qui pose problème et le médecin c'est le corps mort (pas de société qui meurt elles se transforment) mais il y a prendre des choses dans les deux le médecin le mode de construction du savoir par accumulation et chez l'ingénieur le savoir dans le passage entre plan et mise en œuvre de celui-ci (l'art de l'ingénieur). Pour la pédagogie voir le texte pour le séminaire de l'affuts.

 

Il existe d'autres modèles de la recherche où le praticien est présent. Deux se distinguent particulièrement d'autant qu'on fait souvent appel à eux dans le travail social pour s'en inspirer dans la construction des savoirs de ce champ. Il s'agit du modèle médical et de celui de l'ingénieur. Au premier, on empreinte l'idée de clinique, au second, on prend même le terme pour y adjoindre social : l'ingénieur social[31]. Reste à vérifier si le système de production du savoir dans ces deux approches est compatibles avec l'idée d'une recherche En animation socioculturelle.

Comment se constitue le champ du savoir médical ? Par une rupture épistémologique qui a consisté à s'intéresser au corps du mort pour ensuite en venir aux facteurs qui permettent à ce corps de se maintenir en vie. La médecine a alors une démarche positive de construction de son savoir. En accumulant des cas, elle est en mesure de faire des hypothèses sur ce qui est en jeu dans une dérégulation qui entraînera la mort. Il est alors possible de tester des hypothèses et, par essais et erreurs, de trouver le bon protocole de soin. La limite pour le social de cette démarche est évidente : il n'est pas possible de parler de la « mort » d'une société, celle-ci se transforme en une autre forme de société mais il y a toujours de la société.

La science de la l'ingénieur tient au plan, que ce soit celui qui schématise ce qui sera construit ou celui qui décrit les étapes pour y arriver. On retrouve là un champ commun avec les architectes et les urbanistes, autres praticiens. L'ingénieur est celui qui est capable de mener à bien un projet dans ses différentes étapes. Son savoir possède deux volets qu'il doit faire rejoindre dans sa pratique : au niveau du plan, il est fait appel aux savoirs de la physique et d'un certain nombre de sciences dures, la démarche et hypothéco-déductive et dans une approche quantativiste ; au niveau du terrain, le savoir est celui qui ressort de l'expérience de la mise en œuvre. Du point de vue du social, le problème est principalement éthique[32] : peut-on réduire le social à un plan ? La prédominance de la notion de projet dans le champ de l'animation socioculturelle montre combien cette vision du monde obtient un certain succès. Cependant, une lecture critique de cette notion est en train de se constituer à la suite de l'ouvrage de Boltanski et Chapiollo Le nouvel esprit du capitalisme. Ces auteurs montrent combien cette notion doit son hégémonie à sa présence dans les manuels de management, support à la diffusion du capitalisme. La question est cependant plutôt épistémologique. Si les ingénieurs sont utilisateurs d'un savoir positif, celui des sciences physiques, à quel savoir les travailleurs sociaux devront-ils faire appel ? Et surtout, sont-ils eux des exécutants d'un savoir sur le social ? Serions-nous en présence de métiers en situation de science appliquée ? Ceci fermerait la possibilité d'un savoir en propre des travailleurs sociaux et, dans ce cadre, l'idée d'une recherche EN animation socioculturelle, n'aurait aucun sens. Il me paraît surtout que nous sommes là, peut-être, soit dans la description d'une partie du champ, soit d'une des forces qui s'y exerce : certains souhaiteraient, même si du point de l'analyse cela ne résiste pas cinq minutes, que le social se réduise à des travailleurs qui appliqueraient des politiques publiques fondées sur un savoir positif. Cela supposerait que les dispositifs développés dans les politiques publiques soient entièrement redevable de questions posées au social. Je pense que les schémas de construction des politiques publiques se fait en général à partir d'expériences développées dans des contextes singuliers qui servent de support à la création de nouveaux dispositifs. Il y aurait là un travail de recherche à approfondir[33].

Ces deux approches montrent un certain nombre d'impasses et de lacunes qui justifient la recherche d'une approche épistémologique spécifique pour les travailleurs sociaux en général, mais pour ma part, je m'intéresserai uniquement au segment des animateurs socioculturels. Quel était la question de départ ? « Existe-t-il une recherche EN animation socioculturelle ? » Je pense qu'elle peut se formuler de la façon suivante maintenant : de quelle nature est le savoir construit par les animateurs socioculturels ? Essayons dans ce dernier chapitre d'avancer sur ce point.

Nous avons vu qu'il existe des formes différentes de production de savoirs à propos de l'animation socioculturelle mais, premier point, il s'agit toujours de savoirs construit à partir des pratiques mises en œuvre. C'est à ce niveau que des divergences se présentent. L'approche sociologique défend fortement le travail de mise à distance d'avec les pratiques (agir empêcherait d'accéder à la pureté du réel) d'avec le sens commun (Bourdieu), ou pour le moins, de s'interroger sur les inscriptions sociales du chercheur (Weber). Les sciences de l'éducation auraient pu être la science de ces pratiques mais lorsqu'elles sont devenues plurielles, elles ont définitivement tourné le dos aux pédagogues[34]. Il reste que là, cependant, le lien avec la pratique apparaît sous la forme d'une interrogation quant à la façon de transmettre d'une génération à l'autre (ce que dit Durkheim) l'expérience (pour reprendre Dewey). De l'auto-formation, en passant par l'éducation permanente, à l'éducation populaire, au sens large, il existe une telle dimension mais qui dépasse l'idée de génération pour se présenter plutôt sous la forme de système qui intègrent une dimension formative pour se pérenniser.

 

 

La visée pédagogique
Les processus de
Valuation
Les savoirs-faire
La résistance du réel à
l'action du Pédagogue
,PÉDAGOGIE,Les effets des pratiques
Contextualisation de l'action
Théories sur les effets des
pratiques
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Fig. Le « triangle du pédagogue » inspiré du Manisfeste pour les pédagogues de Jean Houssaye, Michel Soëtard, Daniel Hameline et Michel Fabre (2002, ESF Éditeur)

 

Il faut entrer, il me semble, dans un autre chemin pour arriver à définir le modèle de production des savoirs en animation socioculturelle. Pour rappel, les écrits sont des formes possibles car ils articulent, en une forme singulière, trois types de dimensions : des savoirs faire, des théories sur les effets des pratiques, la production de valeurs articulée aux pratiques. Chacune de ces dimensions peut être traité en tant que tel et donner lieu à la production d'un savoir. Le praticien, désignons-le par Pédagogue, aura la lourde tâche de combiner ces savoirs et, comme dans les pratiques d'Arts martiaux, son niveau d'expertise dans une des dimensions ne pourra garantir la qualité de ses prestations. La combinatoire reste, justement, de l'ordre de l'Art. On pourrait dire, pour filer la métaphore de la polémologie, que le Pédagogue poursuit une Voie. Cette manière de présenter les choses va nous permettre maintenant d'aborder la production des savoirs dans chacune des dimensions.

Les savoirs-faire :

Il s'agit des savoirs qui se constituent à l'intersection des intentions mises en œuvres et des réaction du social à ces pratiques. Ces savoirs-faire sont la résultante de ce qui a été transmis, acquis en faisant (et selon sa propre personnalité), des valeurs qui orientent l'action, des effets escomptés et obtenus. De ce point de vue, il y a une relation entre le faire et le dire, plus précisément : l'écrit. Le Pédagogue peut modifier sa façon de faire en lien avec ce qu'il en écrira car dans ces écrits se déroulera un travail de prise de conscience des facteurs qui interviennent dans la pratiques, et des effets liés à la manière de les combiner. Le dire, le Pédagogue gagne en capacité à dire ce qu'il fait en étant amené à écrire ses pratiques ; ceci a aussi des répercutions pratiques puisqu'il lui devient plus aisé d'organiser son action en interaction avec d'autres, en leur signifiant ce qui se passe ou devrait se passer. Le Pédagogue peut produire ces écrits. Il n'est pas possible que quelqu'un le fasse à sa place. Par contre, des chercheurs extérieurs peuvent l'aider à construire ses écrits en favorisant leur production.

Les savoirs des effets :

L'analyse des effets qui sont produits est un champ de recherche avec de multiples axes possible, qui peut mobiliser des formes très différentes d'implication dans la recherche et de disciplines scientifiques. Cependant, on retrouve là aussi une singularité du point de vue du praticien. Seulement lui peut prendre en compte la dimension de la visée, présente dans sa pratique. Contrairement à ce que les approches par la logique de projet laisseraient croire, le praticien peut dire ce qu'il va faire, pourquoi et comment, la dimension de la visée relève d'un complexité que la logique des objectifs-moyens, propre aux démarches de projet, ne peut rendre. La visée est une boucle qui tourne entre ce que crois faire le praticien, ce qu'il rencontre en faisant, et ce qui apparaît en réalité. Nous sommes exactement à l'opposé d'une théorie appliquée : le Pédagogue produit des effets qui peuvent ensuite être mis en théorie. Ceci plaide pour une démarche méthodologique inscrite dans le courant de la Grounded Theory : la théorie ne peut être que l'émanation des données c'est-à-dire des pratiques. La connaissance des théories produites par diverses disciplines sur ce que font les animateurs socioculturels forment une base forte pour le Pédagogue afin de l'aider à situer la particularité de sa manière de faire mais aussi du contexte dans lequel prennent place ses pratiques. Les travaux d'histoire du champ, les analyses des politiques publiques, les recherches de sociologie sur les phénomènes sociaux sont autant d'élément de la construction du chercheur EN animation socioculturelle.

Les valeurs des pratiques :

On doit à Dewey[35] cette idée qu'il existe des processus de production des valeurs. Nous décidons de donner une valence positive ou négative à certaines choses, comportements, objets. L'existence de ces processus n'est pas sans effets sur la manière de conduire l'action. La visée peut amener à modifier en pratiques des actions en raison des façon de concevoir ce qu'il est bien ou non de faire. Le travail de réflexion philosophique est d'importance pour le pédagogue. Il existe une série de savoirs dans ce registre : savoir comment telle valeur prend ou non de l'importance pour soi ou pour les publics concernés, savoirs construits dans différents modèles philosophiques ; savoirs sur l'impact des valeurs, constituées ou comme processus de valuation, dans l'organisation de l'action.

 

 

Conclusion

Au terme de cet article, je peux affirmer l'existence d'une recherche à propos de l'animation, la possibilité de reconnaître la recherche pour l'animation socioculturelle et, enfin, une certaine singularité de la recherche en animation socioculturelle. Pour que le champ de cette dernière recherche puisse vraiment trouver sa place et se développer, il serait nécessaire d'ajouter certaines briques qui pourraient venir consolider l'édifice. En disant cela, je veux dire qu'il ne s'agit ni de mettre à bas l'existant, ni d'inventer des châteaux en Espagne mais bien de venir conforter une situation.

Le champ des animateur-trices socioculturels se différencie de ceux des assistant-es sociales et des éducateur-trices spécialisé-es. Si l'existence d'un champ du travail social est historiquement fondé, la singularité des approches paraît devoir être maintenues, tout en créant des ponts, entre les recherches, par les praticiens de ces métiers. Il s'agirait de mettre en avant la question d'une entrée des analyses par les effets des pratiques, et donc, des conditions qui participent peu ou prou aux modulations de ces effets : les savoirs comment faire qui émergent en faisant ; les savoirs sur les effets et les conditions sociales, institutionnelles et spatiales, de leur apparition ; l'impact des valeurs et des visée sur l'action et les effets qu'elles produisent). Sous ces conditions, les sciences du travail social me paraîtraient être la meilleure formule pour produire du lien entre les métiers à propos de la question des pratiques dans, sur le social, tout en donnant la possibilité de créer au sein de ces sciences du travail social des recherches multi-, inter- ou pluri-disciplinaires et des doctorats spécifiques : doctorat d'assistant-e social, doctorat d'éducateur-trice spécialisé-e, doctorat d'animateur-trice. Ces doctorats signaleraient le parcours d'un praticien, possédant un haut niveau de réflexion sur sa pratique et son appartenance à un communauté dont la tâche est la production de savoirs des pratiques utiles pour toute la communauté des travailleurs sociaux.

Pour l'animation socioculturelle, il faudrait aller plus loin ma semble-t-il. Il est possible de dire qu'il existe une recherche en animation socioculturelle, singulière. La pédagogie rend visible une articulation des savoirs qui se structurent en des combinatoires spécifiques qu'on peut appeler des modèles pédagogiques sans, pour autant, qu'un savoir de nature pédagogique viennent prendre la place de ces savoirs. Ceci ouvre alors à des questions fondamentales[36] : comment se former alors à la pédagogie ? Comment devient-on pédagogue ? Comment transmettre une pédagogie ?

 

Jean-Marie Bataille, Pédagogue, CREF-UPON & ADES-Bordeaux 3

bataillejeanmarie@yahoo.fr

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-        Kaës, R. (1963) Vivre dans les grands ensembles. Paris : Éditions Ouvrières. (préface de P. H. Chombart de Lauwe).

-        Mialaret Gaston (1978) Introduction. In Debesse Maurice & Mialaret Gaston (Eds.). Traité des sciences pédagogiques. Tome 8. Éducation permanente et animation socioculturelle. Paris : PUF.

-        Nikos Précas (1984) Pour une approche anthropologique du métier d'animateur. Les cahiers de l'animation. N°44/45. INEP. Marly-le-Roi. 113-118

-        Palard, J. (2005) Henri Desroche et ses réseaux québécois Entre théorie de l’utopie et pratiques maïeuticiennes. Sociologie et sociétés. Vol. 37. n°2. 21-47.  http://www.erudit.org/revue/socsoc/2005/v37/n2/012911ar.html 

-        Poujol Geneviève (1972) Recherches. Les cahiers de l'animation. N°1. INEP. Marly-le-Roi.77-80.

-        Saez, G. (1994) L'animation et l'éducation populaire dans les années 1960 : variations sur le thème changement et continuité. In Huet, A. L'action socioculturelle dans la ville. Paris : L'Harmattan.

-        Simonot, M. (1974) Les animateurs socio-culturels. Étude d'une aspiration à une activité sociale. Paris : Puf. 27.

-        Verret, M. (1991) Histoire d'une fidélité. Biographie de Michel Verret par lui-même. Politix. Vol. 4. N°13. 43-49. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polix_0295-2319_1991_num_4_13_1436

 

Annexes

Annexe 1 : répartition historique des items

ITEM

DATE DÉBUT

DATE FIN

Nbre Notice-s

AUTEUR-E de la thèse la plus ancienne de l'item

PATRONAGE

1890

1998

13

Jean-Baptiste-Adrien Gloux

ÉDUCATION POPULAIRE

1926

2010

15

Adrien Dansette

SCOUTISME

1931

2006

21

Bernard Martial Maurer

CAMPING

1937

 

1

Raymond de Flacourt***

COLONIE DE VACANCES

1940

2010

15

André Mansuy

MOUVEMENTS DE JEUNES

1943

2011

27

Jacques G. Ravault

AUBERGE DE JEUNESSE

 

1985

1**

Lucette Heller-Goldenberg

ANIMATION

1966

2009

43

Jean-François Médard

ÉQUIPEMENT SOCIOCULTUREL

1969

2003

3

Jacques Viet

PARTICIPATION JEUNES

1970

1991

4

René Goldstein

ANIMATEUR SOCIOCULTUREL

1973

2010

25*

Michel Simonot

ANIMATION SOCIALE

1973

2007

15

Gérard Gubbioti

ANIMATION SOCIOCULTURELLE

1975

2010

17

Christian Jokumsen

PARTICIPATION DES HABITANTS

1975

2012

9

Michèle Sellier

ANIMATION SOCIO-ÉDUCATIVE

1976

1976

1

Jean Pavier

ANIMATION URBAINE

1976

2009

6

Monique Dujour Berouti

CENTRE DE LOISIRS

1976

2012

11

Jean-Pierre Augustin

MAISON DES JEUNES ET DE LA CULTURE

1971

2007

5

Patrice Flichy

FOYER JEUNES

1977

2001

3

Loïc Delaporte

ANIMATEUR

1978

1986

5

Constantin Xypas

PÉRISCOLAIRE

1978

1998

3

Jean-Claude Augé

CENTRES SOCIAUX

1980

2007

6

Monique Laigneau

ÉDUCATION NON FORMELLE

1982

2008

7

Juan Melean

CENTRE DE VACANCES

1983

1998

8

Pascal Beaufreton

ASSISTANT SANITAIRE

1988

1992

2

Bernard-Marie Rivoal

POLITIQUE DE LA VILLE

1994

2011

25

Alain Bertho

CONSEILS DE JEUNES

1995

2012

5

Fabrice Millet

MÉDIATION

1999

2006

7

Véronique Droniou

CONTRAT ÉDUCATIF LOCAL

2005

2007

2

Ingrid Volery

DÉVELOPPEMENT SOCIAL LOCAL

2007

 

1

Geneviève Besson-Dubois

ÉTUDE DU GENRE

2010

2012

2

Magalie Bacou

* J'ai ajouté la thèse de Philippe Callé qui n'est pas sur Sudoc. **Cette thèse est la seule mais c'est une thèse d'histoire qui situe les Auberges de jeunesse sur la période 1929-1945.***Cette thèse n'est pas dans le corpus, elle vient rectifier la seule date que j'avais, l'année 2000  et qui correspond à une thèse à propos de l'ASC. [les thèses de Luc Greffier sur le Tourisme social et de Jean-Pierre Augustin sur la socialisation des jeunes (1989) ne sont pas dans ce tableau car ces deux items n'ont pas donné lieu à une recherche spécifique]. Le corpus comprend 7 thèses « EPHE » mais qui correspondent à des thèmes en périphérie du champ à l'exception d'une sur les MJC ré-introduite à sa place.

 

Annexe 2 : répartition des lieux de production et des directeurs de thèse

UNIVERSITÉ

NBRE THÈSES

DISCIPLINES

DIR. DE THÈSES*

Paris 5

23 thèses

9 sociologie, 12 sciences de l'éducation, 1 médecine (1 sans discipline indiquée)

Joffre Dumazedier (7) Michel Maffesoli (2) Louis-Vincent Thomas (2)

Bordeaux

21 thèses

1 économie, 4 géographie, 1 histoire, 1 médecine, 5 sciences de l'éducation, 3 science politique, 1 science économique, 3 sociologie, 2 sciences de l'information et de la communication

Jean-Pierre Augustin (2) Jacques Wittwer (2)

Toulouse

20 thèses

2 sociologie, 1 science politique, 4 sciences de l'éducation, 2 psychologie, 5 médecine, 1 lettres, 4 géographie, 1 droit

Marc Bru (2)

EHESS (12) & EHPE (8)

20 thèses

20 sociologie

Gérard Mauger (2) Henri Desroches (3)

Paris 1

20 thèses

2 science politique, 8 histoire, 3 géographie, 1 esthétique, 2 sociologie, 2 droit, 1 histoire de l'art

Antoine Prost (3) Etienne Leroy (2)

Nanterre

19 thèses

1 Staps, 3 sociologie, 5 sciences de l'éducation, 3 psychologie, 3 histoire, 2 géographie, 2 droit, 1 aménagement régional et urbain

Gilles Le Béguec (2) Alain Vulbeau (2) Jean Maisonneuve (2)

Paris 8

17 thèses

1 urbanisme, 5 théâtre, 2 sociologie, 6 sciences de l'éducation, 1 histoire, I études urbaines, 1 études techniques et esthétique du théâtre

Guy Berger (2) André Veinstein (5)

Lyon

16 thèses

1 géographie, 1 histoire, 5 médecine, 7 sciences de l'éducation, 1 science politique, 1 sociologie, 1 médecine vétérinaire

Guy Avanzini (2) Louis David (2)

Paris

15 thèses

4 médecine, 5 lettres, 2 géographie, 4 droit

Rochefort (2)

Grenoble

13 thèses

3 géographie, 1 lettres, 2 sciences de l'éducation, 2 science politique, 1 urbanisme, 3 sciences de l'information et de la communication, 1 médecine

Bernard Miège (2)

Aix-Marseille

12 thèses

3 droit, 1 aménagement régional et urbain, 1 lettres, 1 psychologie, 2 sociologie, 1 littérature et expression moderne et contemporaine, 2 médecine

 

Rennes

11 thèses

5 sciences politiques, 1 Staps, 1 sciences de l'éducation, 2 droit, 1 médecine (1 sans discipline indiquée)

Marc Rouzeau (2) Philippe Leroy (2)

Lille

9 thèses

2 droit, 2 géographie, 1 histoire, 3 médecine, 1 sciences de l'éducation

 

Strasbourg

9 thèses

3 Staps, 3 sociologie, 1 médecine, 1 philosophie, 1 sciences des religion

André Rauch (2) Bernard Michon (2)

Montpellier

8 thèses

1 géographie, 2 histoire, 1 science politique, 1 sciences pharmaciennes, 1 sociologie, 1 Staps, 1 médecine

Gérard Cholvy (2)

 

 

UNIVERSITÉ

NBRE THÈSES

DISCIPLINES

DIR. DE THÈSES*

Paris 7

8 thèses

2 sociologie, 2 sciences de l'éducation, 1 linguistique, 2 histoire, 1 médecine

 

Paris IEP

7 thèses

2 histoire, 4 science politique, 1 sociologie, (1 sans discipline indiquée)

 

Nantes

7 thèses

1 histoire, 1 médecine, 4 sociologie, 1 science de l'éducation

Michel Verret (3)

Rouen

5 thèses

1 Staps, 2 sociologie, 2 sciences de l'éducation

François Aballea (2)

Tours

5 thèses

1 sociologie, 3 médecine, 1 sceinces de l'éducation

 

Nancy

5 thèses

3 médecine, 2 sciences de l'éducation

 

Paris 3

4 thèses

1 théâtre, 1 science politique, 1 sociologie, (1 sans discipline indiquée)

 

Reims

4 thèses

3 médecine, 1 histoire

 

Nice

3 thèses

2 histoire, 1 sciences de la communication et de l'information

 

Metz

3 thèses

3 sociologie

Jean-Yves Trépos (2)

Paris 13

3 thèses

2 sciences de l'éducation, 1 sciences de la communication et de l'information

 

 

Paris 6

3 thèses

2 médecine, 1 didactique

 

Dijon

2 thèses

1 droit, 1 lettres

 

Besançon

1 thèse

1 sociologie

 

Paris 4

1 thèses

1 sciences de l'éducation

 

Lausanne

1 thèse

1 théologie

 

Amiens

1 thèse

1 médecine,

 

Brest

1 thèse

1 histoire

 

Évry-Val-d'Essonne

1 thèse

1 sociologie

 

La Rochelle

1 thèse

1 géographie

 

Limoges

2 thèse

1 droit, 1 médecine

 

Paris 2

1 thèse

1 science politique

 

Paris 9

1 thèse

1 gestion

 

Saint-Etienne

1 thèse

1 médecine

 

* plus de deux thèses dirigées {personnes ayant encadré deux thèses ou plus au sein de plusieurs université ou discipline : Anne-Marie Guillemard (2 [Paris 1 ; Paris 5]), Joffre Dumazedier (8 [EPHE, Paris 5]), Henri Desroche (3[EHESS ; EPHE])}.

 

Annexe 3 Thèses de science politique du corpus

Sont indiqués ci-dessous les titres des 21 thèses soutenues dans la discipline Science politique.

-        La participation des habitants dans les grandes villes chinoises – le cas Guangzhou

-        Le moment escapiste  : militantisme et production théorique dans une conjoncture de crise  : deux mouvements de jeunesse radicaux (NBP et ESM)

-        Les politiques de développement social à l'égard des quartiers en difficulté  : vers une politique de la ville au Maroc

-        Vers une ethnicisation de l'action publique  ?  : des emplois de médiateurs urbains pour une ''nouvelle régulation sociale''

-        Jeunesse & sports (1936-1986)  : un service d'État du molitantisme à la gestion  : contribution à l'étude du fait administratif

-        Administration locale et politisation  : le cas de la politique de la ville à Rennes et Rennes Métropole

-        Quand la politique de la ville ouvre ses portes à l'habitant…  : la participation des habitants à travers les différents champs de la politique de la ville de Rennes, entre divergences et convergences sectorielles

-        La construction d'une ''politique publique'' de jeunesse au brésil  : le cadre de l'éducation non formelle des jeunes à Récife

-        Pouvoir et culture dans une ville moyenne  : Annecy 1965-1983. Le pouvoir municipal à l'épreuve de la construction d'une politique culturelle

-        Les équipements socioculturels conventionnés à Rennes, entre partenaires et opérateurs  : éléments d'une approche stratégique de la relation entre les MJC et la ville de Rennes

-        La participation des jeunes à la vie publique, un enjeu municipal  ?  : la cas du conseil local de la jeunesse de Rennes

-        La politique consultative de la ville de Québec  : une lecture institutionnaliste du phénomène participatif

-        La politique de la ville  : une institutionnalisation inachevée  : institutions, réseaux et apprentissages

-        La politique européenne de jeunesse depuis la fin des années soixante  : comprendre une politique européenne au regard de la dualité institutionnelle Conseil de l'Europe – Union européenne

-        De la politique urbaine à la politique de la ville (1962-1986)  : essai sur le référentiel temporel dans les politiques publiques 

-        Les jeunes dirigeants politiques français  : le cas des responsables nationaux des mouvements de jeunesse politique

-        Politique de jeunesse et territoires  : un siècle d'action publique à la marge

-        La ''ville'' comme objet de politique publique. Genèse et institutionnalisation de la politique de la ville en France

-        Groupes sociaux minoritaires, action collective et participation politique  : éléments pour l'interprétation du processus d'institutionnalisation et de récupération des mobilisations contemporaines

-        Les clubs de personnes âgées  : moyen d'animation socioculturel au niveau local

-        L'organisation communautaire aux États-unis, ses techniques d'animation et de participation civique dans les communautés locales

 

Items « mot-du-titre » : 2 « animation » dont un « animation socioculturelle), zéro pour « animateur » ou « animateur socioculturel », par contre 20 pour « politique » dont 6 qui utilisent deux fois le terme au moins dans le titre.

 



[1]Il s'agit ici des premiers résultats d'un travail portant sur l'analyse des thèses produites à propos de l'animation socioculturelle Le corpus est constitué de 4.010 notices de thèse et de l'analyse de 1.547 notices résultats de la requête 'EPHE' (école pratique des hautes études) dans le catalogue SUDOC entre les 17 juillet et 6 août 2012, pour un total de 318 thèses retenues.

[2]J'utiliserai l'abréviation ASC pour « animation socioculturelle » reprenant ici un usage déjà ancien de Michel Simonot (1974).

[3]Pour l'ensemble des tableaux et graphiques la base de données est le corpus de 318 thèses sélectionnées dans le catalogue SUDOC.

[4]Le corpus des thèses portant sur le développement n'est pas inclus dans celui de l'animation socioculturelle car cela demanderait un travail spécifique que nous n'avons pu réaliser pour l'instant. Mais cet exemple, d'une thèse en « sciences de l'ingénieur » sur un thème contemporain au sein d'une université qui travaille en partenariat avec une université canadienne pourrait être  modélisé pour le travail social.

[5]Plusieurs regroupements ont été effectués : médecine+pharmacie+sciences pharmaciennes ; géographie+aménagement et urbanisme+études urbaines+études rurales+aménagement régional et urbain ; sciences économique+gestion ; sociologie+anthropologie ; Lettre+théâtre+philosophie+linguistique+esthétique.

[6]Développements social local, développement social des quartiers et développement social urbain.

[7]Il existe, par ailleurs, un certain nombre de documents présents dans les archives de l'Unesco qui portent sur les « Animateurs jeunesse » : référence base de données archives Unesco : « Conference of Representatives of International Youth Organizations; Paris; 1951-Youth institutes and youth leaders' training courses-Instituts de jeunesse et cours de formation d'animateurs des mouvements de jeunesse ‪‪Publ : 1951; 5 p.; WS/111.33. »

[8]« Une autre expression est parfois utilisée : le « développement communautaire » (auquel correspond ''l'agent de développement communautaire''). Elle est cependant dominée dans l'usage par celle ''d'Animation Socio-Culturelle'', par ailleurs seule officiellement en rigueur. D'autre part, les deux expressions ne recouvrent pas exactement le même contenu et leur distinction n'est pas l'objet de ce travail. Notons que ''Développement Communautaire'' est une adaptation de l'anglais ''Community Development'' et que la vocable ''Agent'' co… une attitude active directe à la différence de l' ''Animateur'' » (Simonot, 1974 : 27).

[9]Ce texte n'aborde pas le « développement » or il existe près d'une soixantaine de Masters « Développement territorial local » (dont certains sont à visée économique). Combien d'étudiants sont des animateurs socioculturels qui s'y trouvent « naturellement » dans le cadre de leur parcours professionnel ? Il faudrait regarder de même les masters « intervention sociale ». Ces deux exemples sont pleinement révélateur de la réalité de la constitution du champ, jusqu'à la Licence on parle encore d'animateurs socioculturels, au delà, pour les futurs encadrants, le terme, en général, disparaît.

[10]Auquel il faudrait ajouter trois figures : André Veinstein, le théâtre & Paris 8 : Vaïs, M. (1976) Entretien avec André Veinstein. Jeu : revue de théâtre. N°1..95-102. http://id.erudit.org/iderudit/28520ac ; Véroniques Bordes, Figeac et Toulouse, de l'IUT au Master : constitution d'une filière complète de l'Iut carrières sociales option animation de Figeac au Master « Animation jeunesse » ; Francis Lebon, l'Infa et l'Upec : un réseau Injep de chargés d'enseignement et un partenariat avec l'Infa (ex ; CCO) à Paris Est Créteil.

[12]Mustapha Poyraz fait partie aussi de l'équipe du Collège coopératif, une institution créée par Henri Desroche, avec son Diplôme des Hautes études des pratiques sociales.

[13]Les Ceméa-Infop gardent aussi la trace de tous les mémoires du Diplôme d'État aux fonctions d'animateurs (DEFA) depuis la création d'un institut de formation en 1971.

[17]Jean-Claude Gillet avec jean-Pierre Augustin est directeur d'une collection à L'Harmattan « Animation et territoire ».

[19]Cette revue produite aux éditions Matrice/Champs social est en cours de processus de validation pour être reconnue revue classée.

[20]Il faudrait compléter le tableau avec le segment des Centres ressources de la politique de la ville qui mènent un travail de formation des professionnels des dispositifs, de repérage des problématiques nouvelles (Profession Banlieue est à l'initiative de la reconnaissance des femmes médiatrices avec la création d'un diplôme). On retrouve là un grand classique des politiques publiques : la production de fiches d'expériences avec l'idée de diffusion des bonnes pratiques.  Il existe aussi une École de la rénovation urbaine et de la gestion des quartiers créée par l'ANRU en 2003 : http://www.ecoledelarenovationurbaine.com .

[21]Analyser le déploiement des lieux qui participent à la production de la carte des places, peut permettre de se rendre compte de ce qui se passe lorsque une portion des acteurs décident de mener un débat, « conférence de consensus », pour décider ce que sera ou devrait-être la « recherche en travail social ». L'animation socioculturelle se trouvent embarquée dans ce processus comme membre du travail social. Mais quels sont les acteurs, présents dans ce moment de construction du champ, qui se réclament explicitement de la dénomination « animation socioculturelle » ? Et donc, pour boucler sur l'idée de champ, si on considère la conférence de consensus comme un moment de la construction du champ : quelles sont les places de ceux qui parlent aujourd'hui dans la carte du champ de l'animation socioculturelle (périphérique, centrale) ?

[22]Pour une présentation de la situation de l'emploi dans la filière animation voir le document du Centre d'analyse des formations des emplois des métiers de l'animation et du sport (CAFEMAS) qui précise aussi l'organisation de la filière FTP entre autre quant aux cadres C :

       http://cafemas.fr/Documents/000305-Lemploi_du_champ_jeunesse_et_sport.pdf

[23]Il existe à ma connaissance au moins quatre masters qui concerne directement les animateurs : Master « Politiuque de jeunesse » Rennes ; « Animation Jeunesse » Toulouse ; « Ingénierie de l'animation territoriale » Bordeaux ; « Expertise, ingénierie, direction d'organisation » option : animation et développement territorial » ; « Ingénierie de la participation » Paris 1. Mais il existe aussi un grand nombre de masters portant sur le « développement territorial ».

[25]Les médecins se sont intéressés au départ aux colonies de vacances comme ligne de combat dans la lutte dontre la tuberculose. Leur place y est majeur jusqu'au sortir de la seconde guerre mondiale avant leur remplacement par les instituteurs. Ils reviendront cette fois par le processus d'animation en gériatrie. On en trouve aussi du côté de l'éducation thérapeutique avec les colonies de vacances comme support.

[26]Le terme « agent de développement local » sera repris par la politique de la ville comme une pratique très différenciée de l'animation socioculturelle. Les community organizer ne sont pas perçus comme des animateurs même si leurs pratiques se ressemblent à bien des égards.

[27]Voir l'introduction du livre d'A. Chévrefils, Les animateurs sociaux, par Henri Desroche. Pour le « développement rural », on trouve un certain nombre de travaux de géographie sur cette thématique.

[28]Je m'inscris par contre a contrario de cette histoire, qui part d'un lien fort avec le travail social puisque sont nombreux, voire majoritaires, les chercheurs de ce courants qui sont amenés, au début soit la fin de XIXè siècle, à occuper des places de travailleurs sociaux dans les settlements. Par la suite, la distanciation avec l'implication dans les pratiques sera recherchée et valorisée.

[29]Qui a donné lieu à un article dans une revue internationale à comité de lecture : revue Penser l'éducation.

[30]Soutenue en février 2010 sous la direction de Alain Vulbeau à Nanterre.

[32]La place occupée par la notion d'ingénieur social dans le gouvernement de Vichy fait aussi partie des points qui amènent à s'interroger sur son usage son nuance. Cependant, d'autres notions sont nés ou ont trouvé un certain écho pendant cette période sans pour autant porter à débat comme celle de « cadre ».

[33]Je pense en particulier à la notion de « référentiel des politiques publiques » qui a été travaillée par Muller et Jobert.

[34]C'est le point de vue défendu par Jean Houssaye auquel on peut associer une remarque : le titre des Traités que produisent Mialaret et Debesse, fondateurs des sciences de l'éducations, s'appelle Traité des sciences pédagogiques et pourtant, il n'y a pas de formation universitaire, à proprement parlé, de pédagogues.

[35]Dewey, J. (2011) La formation des valeurs. Paris : Les empêcheurs de penser en rond/La Découverte.

[36]La formulation de ces questions doit beaucoup aux échanges que j'ai eu avec Aude Kérivel enseignante en sociologie au Centre d'étude et de recherche pour la petite enfance (CERPE-Aubervilliers) et sociologue au Laboratoire Étude recherche formation en action sociale (ATEC-LERFAS).

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